Politique

Libye : la Russie peut-elle lâcher Khalifa Haftar pour Aguila Saleh ?

De gauche à droite : le maréchal Khalifa Haftar, Aguila Saleh Issa, Fayez al-Sarraj et Khaled Mechri.

De gauche à droite : le maréchal Khalifa Haftar, Aguila Saleh Issa, Fayez al-Sarraj et Khaled Mechri. © Etienne Laurent/AP/SIPA

Divisions entre le président du parlement et le chef de l’ALN, revers militaires de Haftar… autant de facteurs qui pourraient pousser Moscou à trouver une alternative au maréchal, dont l’étoile a singulièrement pâli ces dernières semaines.

Plusieurs semaines après ses victoires le long de la côte début mai, les troupes loyales au Gouvernement d’entente nationale (GNA) ont remporté le 19 mai une nouvelle bataille sans doute décisive pour l’affermissement de leur contrôle de la Tripolitaine. Une nouvelle donne qui concerne également la Russie, dont plusieurs ressortissants combattent aux côtés de l’Armée nationale libyenne (ALN) de Khalifa Haftar pour le compte de la société privée militaire russe Wagner. Le 25 mai, plusieurs centaines de ces combattants ont été évacués du front du Sud de Tripoli à bord d’Antonov-32, depuis l’aéroport de Bani Walid, et vers l’aéroport d’Al-Jufra, contrôlée par l’ANL.

Des chasseurs MiG-29 et Su-24 ont été déployés sur la même base. L’ANL conteste qu’ils constituent des renforts de Moscou, mais le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) pointe directement la Russie : « La Russie essaie clairement de faire pencher la balance en sa faveur en Libye », a ainsi commenté le général Stephen Townsend. « Ils étendent leur empreinte militaire en Afrique en utilisant des groupes de mercenaires soutenus par le gouvernement, comme Wagner » affirme l’officier américain dans un communiqué. « Ce retrait du front marque le passage d’une stratégie offensive à une volonté de protection des sites stratégiques. Il s’agit de redessiner les lignes de front et de les stabiliser », nuance Hassan Maged, fondateur du cabinet de conseil D&S consulting, qui a publié une note à ce sujet.

Sur le front diplomatique, Moscou tente de se poser comme le principal parrain des autorités de l’Est. Le lendemain du retrait de l’ANL de plusieurs fronts autour de Tripoli, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue turc Mevlut Cavusoglu ont affirmé soutenir un cessez-le-feu en Libye lors d’une conversation téléphonique. « Grâce à son statut de fournisseur de services, la Russie parviendra à devenir le principal influenceur de l’ANL, tout en conservant sa faculté politique de négocier avec la Turquie. Ce qu’elle ne pourrait pas faire si elle intervenait directement. Le scénario de l’accord russo-turc en Syrie pourrait alors se reproduire en Libye », analyse Maged.

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