Justice

Gabon : comment Brice Laccruche Alihanga a tenté de mettre fin à ses jours

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 28 mai 2020 à 09h49
Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet d'Ali Bongo Ondimba, à Libreville, le 13 juin 2018.

Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet d'Ali Bongo Ondimba, à Libreville, le 13 juin 2018. © David Ignaszewski pour JA

Détenu depuis décembre, Brice Laccruche Alihanga a tenté de mettre fin à ses jours. Après avoir été soigné, l’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba a été renvoyé en cellule. Les autorités suivent le dossier de près.

Brice Laccruche Alihanga (BLA) a tenté de se suicider, au petit matin du 21 mai. Selon nos informations, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État Ali Bongo Ondimba s’est entaillé les deux avants-bras à l’aide du couvercle d’une boîte de conserve entreposée dans sa cellule.

Découvert par ses gardiens, il a été soigné à l’intérieur même de cette dernière, un médecin ayant posé quinze points de suture sans anesthésie. BLA a ensuite été discrètement emmené à l’infirmerie pour un contrôle, avant de réintégrer sa cellule. Selon le ministère de la Justice, les jours de Brice Laccruche Alihanga n’ont jamais été en danger et un transfert vers un hôpital n’a pas été envisagé.

« Il était parfaitement conscient et pouvait s’exprimer sans difficulté », précise un communiqué. Selon nos sources, l’ancien directeur de cabinet est toutefois très affaibli et mentalement très affecté par le régime d’isolement dont il est l’objet depuis son incarcération en décembre 2019 pour des soupçons de détournements de fonds et de blanchiment. Depuis le 16 mars en particulier – officiellement en raison de la pandémie de coronavirus – tout droit de visite a été suspendu.

Une nouvelle cellule

Brice Laccruche Alihanga ne dispose en outre d’aucune autorisation de promenade quotidienne et n’est pas autorisé à lire ou à écrire. Son avocat, Me Anges Kevin Nzigou, rapidement alerté de la tentative de suicide de son client, tente depuis plusieurs mois d’assouplir ses conditions de détention et a déposé plusieurs demandes de mise en liberté provisoire et de placement en résidence surveillée. Mais toutes ont été refusées par les autorités.

La présidence n’a pas souhaité réagir à l’acte de son ex-collaborateur. Mais l’affaire est suivie en haut lieu.

Selon nos informations, Me Nzigou a toutefois pu se rendre au centre pénitentiaire le 22 mai en début d’après-midi, pour y rencontrer le directeur de la prison, le lieutenant-colonel Alex Steve Ngowet, lequel lui a confirmé les faits du 21 mai. L’avocat – qui défend également le frère de BLA, Grégory Laccruche Alihanga, lui aussi incarcéré – n’a alors pas pu avoir accès à son client, lequel avait été replacé à l’isolement.

Me Nzigou a en revanche obtenu audience le 25 mai auprès de la ministre de la Justice, Erlyne Antonela Ndembet, laquelle lui a accordé une autorisation exceptionnelle (et verbale) de visite. L’avocat a ainsi pu rencontrer son client à la prison le 27 mai durant plusieurs heures. Il a pu constater que BLA était toujours sous le régime de l’isolement mais bénéficiait d’une nouvelle cellule, un peu plus grande, depuis le 23 mai.

Protection consulaire

Contactée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas souhaité réagir à l’acte de son ancien collaborateur. Mais l’affaire est suivie en haut lieu. Selon nos sources, plusieurs hauts-gradés des renseignements (notamment de la Direction générale des recherches) se sont rendus à la prison peu après la tentative de suicide du détenu, pour s’entretenir avec le directeur des lieux.

Enfin, la consule de France au Gabon, Marguerite Francy Degardin, s’est elle aussi rendue sur place, le 25 mai, mais n’a pu avoir accès à BLA. Elle a alerté le ministère des Affaires étrangères français, lequel se tient informé de la situation.

Brice Laccruche Alihanga détient en effet, comme son frère Grégory, la nationalité française et bénéficie de ce fait de la protection consulaire de Paris.

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