Elections

Présidentielle au Burundi : l’Église catholique déplore « des irrégularités »

Des responsables électoraux lors de l'élection présidentielle au Burundi, à Giheta, province de Gitega, le 20 mai 2020.

Des responsables électoraux lors de l'élection présidentielle au Burundi, à Giheta, province de Gitega, le 20 mai 2020. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Le parti d’Agathon Rwasa, arrivé deuxième face à Évariste Ndayishimiye, a annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle.

« Nous déplorons beaucoup d’irrégularités quant à la liberté et la transparence du processus électoral ainsi qu’à l’équité dans le traitement de certains candidats et des électeurs », a déclaré le président de la Conférence des évêques catholiques du Burundi, Mgr Joachim Ntahondereye dans un enregistrement sonore transmis à l’AFP.

Ce dernier a ensuite dressé une longue série d’irrégularités similaires à celles dénoncées par le parti du chef de l’opposition Agathon Rwasa, candidat du Conseil national pour la liberté (CNL), qui s’apprête à déposer plainte.

L’Église catholique, la première Église du pays de 11 millions d’habitants, « déplore notamment la contrainte exercée sur certains mandataires à signer d’avance de dépouillement du contenu des urnes, le bourrage de certaines urnes, le vote à la place de défunts et de réfugiés, les procurations multiples et donc invalides, le fait qu’il y ait eu dans certains bureaux de vote des électeurs qui ont voté plus d’une fois ».

Elle dénonce également « l’exclusion de mandataires et d’observateurs des lieux de dépouillement du scrutin, l’intimidation et les contraintes exercées sur certains électeurs par des administratifs qui les accompagnaient jusque dans les isoloirs, l’intrusion de personnes non autorisées dans les lieux de comptage ».

Vers un recours de l’opposition

L’Église catholique est parvenue à déployer 2 716 observateurs le jour du scrutin et « bien que leur nombre soit inférieur à celui des bureaux de vote, ils ont pu arriver dans toutes les communes où ils se sont déployés dans des bureaux ciblés », a précisé Mgr Joachim Ntahondereye dans son communiqué.

Lundi, la commission électorale burundaise a déclaré le candidat du parti au pouvoir Évariste Ndayishimiye large vainqueur de la présidentielle avec 68,72 % des voix, très loin devant Agathon Rwasa (24,19 %).

Le Conseil national pour la liberté (CNL) d’Agathon Rwasa a dénoncé « une mascarade électorale » et annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle mercredi ou jeudi. Si le recours de l’opposition est rejeté, Évariste Ndayishimiye sera investi en août pour un mandat de sept ans renouvelable une fois.

En 2015, la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé avait plongé le pays dans une crise politique majeure, qui a fait au moins 1 200 morts et poussé à l’exode quelque 400 000 Burundais. Il avait annoncé en 2018 qu’il ne serait pas candidat à sa succession.

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