Économie

Nouvelle charge d’Isabel dos Santos contre la justice angolaise

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 26 mai 2020 à 14h36
Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration).

Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration). © Paulo Duarte/AP/Sipa

La femme d’affaires présente de nouveaux éléments accusant les autorités de Luanda d’avoir utilisé des documents falsifiés pour geler ses actifs.

C’est la deuxième salve lancée contre la justice angolaise. Deux semaines, jour pour jour, après une première charge. Dans un communiqué publié ce mardi 26 mai, Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président José Eduardo dos Santos, lance un nouveau coup de boutoir contre le gel préventif de ses avoirs décrété fin décembre 2019 par l’Angola.

La femme d’affaires, affaiblie depuis la révélation mi-janvier des zones d’ombre de son empire financier dans le cadre des « Luanda Leaks », accuse une nouvelle fois le procureur angolais de s’être appuyé sur des documents « falsifiés » pour geler ses actifs, bien qu’une décision similaire ait été également prise en février par la justice portugaise.

Une lettre des services de renseignements

Plus spécifiquement, le communiqué reproche à la justice angolaise d’avoir versé comme preuve au dossier un « mémo non daté et non signé » mais « joint à une lettre officielle des Services de renseignement angolais » attestant qu’Isabel dos Santos, actionnaire de l’opérateur de téléphonie Unitel, cherchait vendre ses parts dans la société « à un investisseur non identifié des Émirats arabes unis ».

Ce mouvement « a été considéré comme ‘preuve’ démontrant le ‘risque imminent de dissipations des actifs’, une condition requise par la loi angolaise pour ordonner le gel des actifs », affirme le communiqué, ajoutant que « les avocats d’Isabel dos Santos ont écrit à Interpol pour demander une enquête sur ces irrégularités ».

Un préjudice supérieur à cinq milliards de dollars, selon l’Angola

Sollicité, le ministère public angolais n’a pas réagi dans l’immédiat. Après l’envoi le 12 mai d’un premier communiqué d’Isabel dos Santos faisant état d’un passeport truqué et de faux emails, les autorités de Luanda avait réfuté ces accusations soulignant que, dans les procédures ouvertes contre elle, l’État évalue un préjudice supérieur à cinq milliards de dollars.

La justice angolaise enquête sur des détournements et des irrégularités présumés dans le cadre de transactions réalisées par des co-entreprises formées entre des sociétés contrôlées par Isabel dos Santos et par des entités publiques.


Lire aussi Angola : Isabel dos Santos, une « princesse » aux abois


Dans ce contexte, cette nouvelle prise de parole paraît durcir le bras de fer qui oppose la fille aînée de l’ex-président José Eduardo dos Santos à la justice de son pays, où elle n’est pas retournée depuis la mi-2018. « Le gel des avoirs devrait être annulé immédiatement, et les autorités portugaises en être notifiées », a ainsi commenté l’un de ses nouveaux avocats, le Britannique Dan Morrison, fondateur du cabinet Grosvenor Law.

Une approche combative du contentieux

Si l’offensive n’était pas assez claire, le profil de ce conseil le confirme. Dan Morrison vante sur son propre site internet « son approche combative du contentieux » et revendique des victoires dans des dossiers aussi divers que la libération de dirigeant retenu otage en Afrique, la récupération de fonds dans le dossier Madoff ou « l’annulation d’une injonction de gel des avoirs de 3 milliards de dollars ».

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3095_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte