Politique

RDC : Kabund destitué au terme d’une séance agitée à l’Assemblée

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Mis à jour le 29 mai 2020 à 15h11
Le président intérimaire de l'UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Kinshasa, le 15 septembre 2016.

Le président intérimaire de l'UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Kinshasa, le 15 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Jean-Marc Kabund-a-Kabund a été destitué de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale à l’issue d’une séance électrique, lors de laquelle une bagarre a même éclaté.

Des menaces, une bagarre et une suspension. La séance a été pour le moins agitée, lundi, à l’Assemblée nationale congolaise. Réunis ce lundi en plénière pour se prononcer sur la pétition du député d’opposition Jean-Jacques Mamba réclamant la destitution de Jean-Marc Kabund-a-Kabund de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, les députés ont cependant fini par procéder au vote : 289 ont voté pour, 17 contre et 9 se sont abstenus, sur les 315 qui ont pris part au vote (sur 500 députés).

« En conséquence, l’Assemblée nationale adopte la pétition en vue de la déchéance de l’honorable Kabund-a-Kabund Jean-Marc », a déclaré Jeanine Mabunda, la présidente de l’Assemblée nationale, à l’issue du vote qui s’est tenu tard dans la soirée, au terme d’une séance tendue.

Bagarre à l’Assemblée

Un peu plus tôt, alors que le texte devait être soumis au vote, un groupe d’une petite dizaine de députés s’est soudain levé pour prendre littéralement d’assaut la tribune, prenant à partie les assesseurs, et bousculant le pupitre. Une bagarre retransmise en direct sur les écrans de la RTNC, la télévision nationale. La séance a été suspendue quelques minutes, après cet épisode, avant que les députés ne procèdent au vote.

« C’est sans surprise pour moi », a commenté Jean-Marc Kabund-a-Kabund sur son compte Twitter. Le désormais ex-premier vice président de l’Assemblée nationale, qui n’était pas présent, ajoute : « Ce passage en force du FCC (Front commun pour le Congo, de Joseph Kabila, ndlr) est la preuve que le complot était ourdi et va au-delà de ma destitution. En vrai Tshisekediste, je quitte ce poste la tête haute et sans compromission. »

Le poste de Kabund reviendra à l’UDPS

Avec cette destitution, le président congolais perd un atout stratégique au bureau d’une chambre dominée par le Front commun pour le Congo, la coalition de Joseph Kabila avec laquelle il partage le pouvoir. Quelques heures avant cette séance agitée, Félix Tshisekedi avait reçu la présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda. Leurs échanges ont porté « sur la bonne marche des institutions de la République », a assuré la présidence.

Selon nos informations, le dossier « Kabund » a été évoqué lors de la rencontre entre Tshisekedi et Mabunda en début de journée, et le poste de premier vice-président de l’Assemblée devrait rester dans les mains de l’UDPS, le parti de Félix Tshisekedi dont Jean-Marc Kabund-a-Kabund est le président par intérim.

Fidèle de Tshisekedi, Jean-Marc Kabund s’est retrouvé à plusieurs reprises en opposition avec le Front commun pour le Congo (FCC). En novembre dernier déjà, certains élus du FCC avait envisagé une procédure en destitution après des propos jugés polémiques à l’encontre de Joseph Kabila. 

Arrestation de Mamba

Ce vote intervenait deux jours après l’arrestation de l’élu du Mouvement de libération du Congo (MLC), à l’origine de la pétition. Jean-Jacques Mamba réclamait le départ de Kabund, critiquant ses prises de position dans la polémique autour de l’organisation du Congrès pour la prorogation de l’état d’urgence. Sa pétition, envoyée au bureau de la présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda le 13 mai, avait recueilli 62 signatures, dont plusieurs émanant du FCC.

Trois députés avaient néanmoins assuré n’avoir jamais signé ce document. Jean-Jacques Mamba a été arrêté pour « faux et usage de faux » le 23 mai, suite à une plainte d’un élu de l’UNC, Simon Mpiana Ntumba, qui l’accuse d’avoir falsifié sa signature.

Son interpellation a provoqué un tollé à l’Assemblée et a été dénoncé par la présidente de la chambre basse ainsi que par les présidents des groupes parlementaires. Lors de sa plénière, l’Assemblée nationale a adopté une résolution pour demander à la cour de cassation de suspendre les poursuites et la détention de Jean-Jacques Mamba.

Augustin Kabuya secrétaire général de l’UDPS, a annoncé une réaction du parti présidentiel « dans les prochaines heures ». Une réaction qui sera scrutée avec d’autant plus d’attention que plusieurs cadres du parti, à l’image du député Tony Mwaba, ont prévenu que la destitution de Kabund « ne restera pas sans conséquence politique sur la coalition FCC-CACH ».

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