Politique

RDC : comment le parti de Félix Tshisekedi travaille à sa réconciliation

Alors que la direction de l’UDPS est soumise à la fronde d’une partie de ses cadres, des médiations sont en cours afin d’apaiser les tensions.

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Mis à jour le 27 mai 2020 à 13:10

Le président intérimaire de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Kinshasa, le 15 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

À la suite de la rencontre entre un groupe de parlementaires de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et Félix Tshisekedi, le 6 mai à la Cité de l’Union africaine, deux médiations ont cours dans les rangs du parti au pouvoir. Son président intérimaire, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, est confronté à la fronde de certains cadres. Ces derniers, réunis au sein du collectif « Sauvons l’UDPS », contestent sa légitimité, car il n’a pas été élu, mais désigné par le chef de l’État.

Parmi eux figurent Paul Tshilumbu, démis de ses fonctions de porte-parole en avril, Jacquemain Shabani, évincé de la Commission électorale permanente (CEP) en mars, ou encore Peter Kazadi, conseiller juridique du parti.

Discrètes consultations

Selon nos informations, la première de ces deux initiatives est menée par trois députés : Léon Mubikayi, président du groupe parlementaire du Cap pour le changement (Cach), la coalition de Tshisekedi et Vital Kamerhe, Freddy Tshibangu, élu de Mbuji-Mayi, et Fabien Mutomb, député de Lubumbashi. Les consultations ont déjà commencé.

Plusieurs personnalités ont déjà été approchées, parmi lesquelles Jacquemain Shabani et Victor Wakuenda, président de la Convention démocratique du parti (CDP), l’un des organes de l’UDPS. L’une de leurs revendications est la mise en place d’un directoire et l’organisation d’un congrès afin d’élire un nouveau président. Or, pour Kabund-a-Kabund, sa gestion ne contrevient pas aux statuts de l’UDPS. Le 17 mars, il a dénoncé « une main noire » visant à déstabiliser la formation.

Tensions

Une deuxième mission de conciliation a été mise en place. Elle est menée par trois responsables de l’UDPS diaspora, Edouard Kabuaya (Angola), Greg Kankenzia (Gabon) et Léonard Tshitambala (Afrique du Sud).

Toujours selon nos informations, Félix Tshisekedi, qui est tenu informé de l’avancement de ces démarches, a encouragé ces consultations, mais il n’a pas mandaté directement ces deux groupes.

En mai 2019, le président congolais avait dépêché son haut représentant, Kitenge Yesu, pour tenter d’apaiser les tensions consécutives à la nomination d’Augustin Kabuya au poste de secrétaire général.