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L’assurance-vie, la nouvelle cible de Bank of Kigali

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Mis à jour le 21 mai 2020 à 11h56
Bank Of Kigali

Bank Of Kigali © Antonin Borgeaud

La première banque rwandaise, déjà active dans le secteur des assurances non-vie, cherche à étendre sa gamme de services à l’assurance-vie, que ce soit par le rachat d’une compagnie ou par un développement interne de l’activité.

Racheter une compagnie d’assurance-vie déjà implantée sur le marché rwandais, ou développer en interne cette nouvelle gamme de services ? C’est la question que tranchera l’entreprise « cette année ou en 2021 », a confié à Jeune Afrique Diane Karusisi, directrice générale de Bank of Kigali.

La première banque commerciale du pays (983 millions de dollars de total de bilan en 2018), qui propose déjà des assurances générales, est en pourparlers avec certaines entreprises locales d’assurance-vie, mais n’a pris aucune décision pour l’instant, précise la dirigeante.

Un secteur porteur

La banque, dont la maison-mère, BK Group, est détenue à 56 % par l’Office rwandais de la sécurité sociale et le fonds souverain Agaciro, compte profiter de la dynamique que connait l’assurance-vie dans le pays, où le secteur a enregistré une croissance annuelle moyenne de 17 % entre 2014 et 2017, selon la Banque mondiale.

Si Bank of Kigali sera en concurrence avec Soras Vie, Prime Life Insurance, Sonarwa Life Assurance Company ou encore Saham Assurance Vie Rwanda, le secteur des assurances est encore loin de tirer parti de toutes les opportunités, estime l’institution de Bretton Woods, selon laquelle le taux de pénétration global de l’assurance dans le pays s’élève à 1,6 % du PIB – ce chiffre est de 2,6 % pour le Kenya. La Banque mondiale relève notamment une absence quasi totale de concurrence en dehors de Kigali, malgré une population rurale globalement plus sensibilisée à l’assurance que la tendance observée dans les pays voisins.

Interrogée sur les conséquences de la crise liée au coronavirus sur son entreprise, Diane Karusisi souligne que seules les agences essentielles de Bank of Kigali dans les zones très fréquentées ont été maintenues ouvertes pendant la phase de confinement, avec des effectifs d’environ 50 %, tandis que les limites pour les transferts de portefeuilles numériques ont été augmentées.

Transition vers le numérique

« Nos systèmes informatiques ont été résistants », se félicite la dirigeante, précisant que la banque s’emploie activement à la migration de certains services vers les canaux numériques plutôt que vers les agences. Il s’agit notamment des demandes de nouvelles cartes bancaires et de la modification des conditions d’un prêt hypothécaire existant.

Diane Karusisi, qui s’attend à ce que l’utilisation des agences et des distributeurs automatiques de billets soit abandonnée à long terme, au profit des téléphones mobiles notamment, estime qu’il reste encore « beaucoup à faire » pour que le tout-numérique soit adopté par tous. En témoignent des succursales de la banque « prises d’assaut » lors de leur réouverture après l’assouplissement des mesures liées au confinement.

« Si vous n’avez pas de téléphone, vous êtes exclus », relève-t-elle notamment, alors que BK Group a contribué en janvier à hauteur de 200 millions de francs rwandais (190 000 euros) à l’initiative « Connect Rwanda », lancée par MTN Rwanda en partenariat avec le ministère des TIC et de l’innovation. « Cette initiative montre l’étendue des efforts de collaboration entre les banques, les autres secteurs commerciaux, le gouvernement et la diaspora », explique Diane Karusisi.

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