Politique économique

En Tunisie, cacophonie sur les chiffres de la croissance

Volets tirés dans les commerces tunisiens de La Marsa, le 10 avril 2020.

Volets tirés dans les commerces tunisiens de La Marsa, le 10 avril 2020. © A Hassene Dridi/AP/SIPA

-2,5 % selon la Banque européenne de développement, -4,3 % pour le FMI, ou même -10 % selon des experts tunisiens. Derrière la disparité des chiffres, des méthodologies mais surtout des visions de sortie de crise divergentes.

Un peu, beaucoup, énormément : à quel point l’économie tunisienne sera-t-elle touchée par la pandémie du coronavirus ? Passé le choc et l’urgence sanitaire, les économistes se sont penchés sur l’après. Et si le premier constat est la prudence – la Tunisie n’en est qu’au stade du déconfinement ciblé -, le second est l’étonnement devant la diversité des chiffres publiés.

Le FMI, dans son rapport d’avril, avance une contraction de 4,3 % de la croissance. En mai, la Berd (Banque européenne pour la reconstruction et développement), évoque le chiffre de -2,5 % tandis que l’économiste et ancien ministre Mahmoud Ben Romdhane prédit une chute d’environ 10 % de la richesse nationale lors d’une interview le 11 mai à un média national.

L’évolution constante de l’épidémie –  et donc de ses conséquences économiques – n’explique pas à elle seule ces divergences, les deux annonces les plus divergentes – celle de la Berd (2,5 %) et celle de Mahmoud Ben Romdhane (- 10 %), étant  concomitantes.

Raisonnement mathématique

« Devant le caractère unique de cette crise, qui touche simultanément l’offre et la demande, est planétaire et d’origine sanitaire, les économistes ont été pris de court pour élaborer une méthode de calcul fiable. D’autant plus que la crise n’est pas finie », décrypte Moez Soussi, professeur d’économie à l’Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC).

C’est le FMI qui, avec un rapport de 34 pages, apporte le plus de détails pour étayer ses projections. L’institution prévoit notamment un creusement de 445 millions d’euros du déficit balance des paiements qui atteindrait à la fin de l’année 1,6 milliard d’euros. Pour faire face à ce déficit, le pays devra trouver 500 millions de dollars d’ici la fin de l’année, auprès des créanciers internationaux – BAD et FMI en tête. Une somme qui s’ajoutera aux 750 millions de dollars déjà prêtés par le FMI en avril.

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