Politique

Pourquoi le Gabonais Liban Soleman a été nommé au Rwanda Development Board

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le Gabonais Liban Soleman.

Le Gabonais Liban Soleman. © DR

L’ancien chef de cabinet d’Ali Bongo Ondimba a été nommé le 18 mai au conseil d’administration du Rwanda Development Board. Voici les raisons pour lesquelles Liban Soleman a été choisi.

Lors du Conseil des ministres rwandais, le 18 mai, à Kigali, Liban Soleman a été nommé membre du conseil d’administration du Rwanda Development Board (RDB, organisme gouvernemental créé en 2008 pour attirer les investissements étrangers dans le pays). Chef de cabinet d‘Ali Bongo Ondimba de 2011 à 2016, ce diplômé en finances de la George Mason University (États-Unis) avait ensuite piloté le Plan stratégique Gabon émergent puis l’Agence nationale de promotion des investissements.

En délicatesse avec le directeur de cabinet Brice Laccruche Alihanga après l’AVC d’Ali Bongo Ondimba, à la fin de 2018, il avait cependant été envoyé à l’étranger et nommé ambassadeur du Gabon en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis.

Mais Liban Soleman n’a jamais pu occuper ce poste. Selon nos informations, les autorités locales, et notamment saoudiennes, n’ayant pas été prévenues au préalable du choix du nouvel ambassadeur, ils ne lui avaient pas accordé ses lettres de créances. En outre, à Libreville même, l’ »ancien » ambassadeur, Ismaël Gnamale Ngoungou Oligui, qui avait œuvré à Riyad durant l’AVC d’ABO, comptait encore ses supporteurs.

Leadership

Profitant du blocage et de l’incertitude entre Libreville et le Golfe,  laquelle a duré pendant plusieurs mois, Liban Soleman s’était alors inscrit à l’université Harvard, aux États-Unis, pour y reprendre un cursus de « développement du leadership ».

Résidant outre-atlantique, notamment à Miami, il avait également commencé à participer à plusieurs think tanks présents en Afrique et dans le Golfe, comme l’Institut Amadeus, de Brahim Fassi Fihri (organisateur du forum Medays, auquel Soleman a participé), et la Fondation Tomorrow, fondée par la femme d’affaires hongkongaise Maggie Gu, dont il est aujourd’hui le « conseiller principal ».

Secteur privé

Ce n’est qu’après le départ de Brice Laccruche Alihanga de la direction du cabinet du président gabonais, au début de novembre 2019, que Liban Soleman est parvenu à débloquer sa situation diplomatique. Souhaitant se libérer du poste d’ambassadeur qu’il n’avait guère pu occuper, le financier a finalement obtenu du Palais du bord de mer l’autorisation de se consacrer au secteur privé, loin des remous de la politique gabonaise et sa guerre des clans, tandis que Ismaël Gnamale Ngoungou Oligui conservait donc son poste à Riyad.

Investissements des fonds émiratis

Partenaire chez African Initiatives for Development, un cabinet de conseil basé à Dubaï, il favorise aujourd’hui les investissements des fonds émiratis sur le continent. Il y a mené récemment plusieurs actions, notamment au Rwanda, où son profil a été remarqué.

Soleman, qui a rencontré Paul Kagame à plusieurs reprises, a déjà séjourné à Kigali à la demande d’Ali Bongo Ondimba afin d’observer le modèle rwandais.

Il est en outre proche d’Ivan Kagame Cyomoro, le fils du président rwandais, avec lequel il siégera au conseil d’administration du RBD. Figure en vue de la jeunesse des affaires africaines, Liban Soleman fréquente également le fils du chef de l’État béninois Patrice Talon, Lionel Talon, ainsi que l’ancien footballeur camerounais, en reconversion dans les affaires, Samuel Eto’o.

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