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Pétrole : comment le Qatar a débarqué dans l’offshore ivoirien

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Total est présent sur quatre blocs dans les bassins ivoiriens. (photo d'illustration)

Total est présent sur quatre blocs dans les bassins ivoiriens. (photo d'illustration) © Thierry GONZALEZ - TOTAL / Flickr

Partenaire historique de Total dans l’exploration pétrolière, Qatar Petroleum intègre pour la première fois les sous-sols pétrolifères ivoiriens.

Le géant français Total a fini par faire entrer dans le bassin sédimentaire ivoirien, Qatar Petroleum sur ses permis pétroliers CI-705 et CI-706. Une opération déjà validée par le gouvernement et qui fera l’objet d’un nouvel avenant et d’une signature prochaine d’un contrat de partage et de production.

Aucune information officielle ne filtre sur le ticket d’entrée que devront régler les qataris.

Les blocs objet de la transaction sont situés dans l’offshore peu profond (entre 1 000 et 2 000 mètres de profondeur) à l’ouest d’Abidjan, au large de Grand Lahou et de Fresco. Les deux gisements se trouvent d’ailleurs en amont des champs pétroliers de Foxtrot (groupe Bouygues) dans la zone de Jacqueville.

La Côte d’Ivoire à l’offensive

« Ce rapprochement est le résultat des roadshows que nous avons entamés depuis 2019 pour faire la promotion du bassin ivoirien pour attirer des majors », a expliqué à Jeune Afrique, Abdourahmane Cissé, le ministre ivoirien du Pétrole, de l’Énergie et du Développement des Énergies renouvelables.

Total, qui possédait 90 % des parts dans chacun des deux permis, en a cédé 45 % à Qatar Petroleum. Dans la nouvelle configuration, Total conserve donc 45 % sur chaque bloc, aux côtés de Qatar Petroleum et de la société nationale des opérations pétrolières (Petroci) qui reste à 10 %.

Selon nos informations, dans le cadre de l’accord entre Total et Qatar Petroleum, le pétrolier tricolore demeurera l’opérateur et le qatari agira quant à lui comme un fonds d’investissements pour financer les travaux de recherche et d’exploration.

Qatar Petroleum ne dépêchera pas d’équipe à Abidjan, et ne prévoit pas non plus la création d’une filiale. Cette transaction ne constitue pas le premier transfert d’actifs de Total à Qatar Petroleum. Depuis 2018, le groupe français a renforcé son partenariat avec les qataris à travers plusieurs opérations sur le continent notamment en Afrique du Sud, en Namibie et au Kenya.

Un modeste player dans le pétrole

C’est en juillet 2019, que le gouvernement avait attribué les permis CI-705 et CI-706 à Total. Le plan d’investissement pour ces blocs avait été évalué à 90 millions de dollars sur la première campagne d’exploration et de forage, sur une période de trois ans.

Le groupe français possède quatre blocs pétroliers au total dans le pays. En dehors de CI-705 et CI-706, il est présent sur les blocs CI-100 et CI-605.

La Côte d’Ivoire est un petit Poucet dans l’exploitation pétrolière avec une production de moins de 35 000 barils/ jour loin derrière son voisin Ghana avec environ 200 000 barils/ jour. L’État ivoirien a révisé son code pétrolier en 2015 pour attirer de nouveaux investisseurs, grâce à des contrats de partage de production. Le pays encourage les compagnies pétrolières à prospecter dans ses eaux dans l’espoir d’augmenter sensiblement sa production. Les champs pétroliers sont essentiellement offshore, près de la frontière avec le Ghana.

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