Justice

Affaire Rokia Traoré : Bamako plaide pour une « solution équilibrée »

| Par Jeune Afrique avec AFP
La chanteuse et musicienne franco-malienne Rokia Traoré, à Cannes en 2015 (archives).

La chanteuse et musicienne franco-malienne Rokia Traoré, à Cannes en 2015 (archives). © Vianney Le Caer/AP/SIPA

Le gouvernement malien apporte son soutien à la chanteuse franco-malienne, rentrée à Bamako le 9 mai, alors qu’elle était placée sous contrôle judiciaire depuis fin mars avec interdiction de quitter le territoire français.

Le chef de la diplomatie malienne, Tiébilé Dramé, a évoqué lundi « l’arrivée à Bamako le 9 mai dernier de l’artiste Rokia Traoré » lors d’une rencontre avec les ambassadeurs de Belgique et de France au Mali, a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

Tiébilé Dramé a « saisi l’occasion pour inviter toutes les parties au dialogue en vue de privilégier l’intérêt de l’enfant, âgé de 5 ans », précise le ministère. Le gouvernement malien, qui avait auparavant exprimé sa « solidarité » avec la chanteuse, « encourage les avocats des deux parties à se rapprocher pour trouver une solution équilibrée ».

Trouver un compromis

Le ministre des Affaires étrangères malien a par ailleurs « invité  Jan Goosens, père de l’enfant, et son avocat à venir au Mali dès que les conditions le permettront pour poursuivre la recherche d’un juste compromis ».

« C’est une mère aux abois qui a peur qu’on lui arrache son enfant, c’est pour ça qu’elle est partie au Mali, où elle habite », avait expliqué dimanche, Kenneth Feliho, l’avocat de la chanteuse.

La cour d’appel de Paris avait approuvé la remise de Rokia Traoré à la Belgique fin mars, dans le cadre du litige qui l’oppose au père de sa fille, célèbre dramaturge et directeur de théâtre flamand qui dirige notamment le Festival de Marseille, dans le sud de la France. En attendant cette remise, elle avait d’abord été écrouée, avant d’être libérée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter la France.

Le mandat d’arrêt qui la vise pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage » a été émis par un juge d’instruction de Bruxelles et découle du non-respect d’un jugement rendu fin juin 2019 et exigeant la remise de sa fille à son père, dont Rokia Traoré est séparée.

La chanteuse et guitariste, qui a affirmé sur Facebook avoir quitté la France par un vol privé, conteste la décision de la justice belge de confier la garde exclusive de l’enfant à son père.

Enquête de la cour d’appel de Paris

Selon son avocat, une décision de la justice malienne a accordé à la chanteuse la garde de sa fille. Le mandat d’arrêt émis par la Belgique entraîne l’inscription de Rokia Traoré au fichier des personnes recherchées mais elle a quitté le pays de façon régulière depuis l’aéroport du Bourget (dans le nord de Paris), a rapporté dimanche une source policière française.

Selon une source judiciaire interrogée dimanche, le parquet général de la cour d’appel de Paris était en attente d’éléments pouvant attester que la chanteuse n’a pas respecté son contrôle judiciaire. Si cela est avéré, il requerra sa révocation auprès de la chambre de l’instruction, qui pourra ordonner un mandat d’arrêt contre elle.

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