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Dioncounda Traoré

Président de l'Assemblée nationale malienne

Dioncounda Traoré, à la tête de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma, mouvance présidentielle) depuis 2001, a été élu le 3 septembre président de l’Assemblée nationale du Mali. À 65 ans, ce scientifique de formation recueille les fruits d’une longue carrière politique, débutée dans le syndicalisme étudiant. Après avoir fréquenté les universités de Moscou, d’Alger et de Nice, où il obtient un doctorat en mathématiques, il retourne enseigner à Bamako en 1977. Mais ses activités syndicales lui vaudront plusieurs séjours en prison. En 1991, au lendemain de la chute du régime du président Moussa Traoré, il participe à la création de l’Adéma avec Alpha Oumar Konaré (chef de l’État du Mali de 1992 à 2002), dont il sera successivement ministre de la Fonction publique, de la Défense et des Affaires étrangères. Réactions à chaud d’un homme discret mais fin connaisseur de la vie politique de son pays.

Jeune Afrique : Vous avez été élu avec 111 voix sur 147, contre 31 pour Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (Cnid) qui soutient, comme vous, le président Amadou Toumani Touré. Des négociations ont-elles précédé ce vote ?
Dioncounda Traoré : Certainement. Nous avons négocié en premier lieu avec l’Union pour la république et la démocratie (URD). Elle nous a apporté son soutien, comme d’autres membres de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, coalition présidentielle). Nous avons aussi rencontré des membres du Front pour la démocratie et la république (FDR, coalition de l’opposition) comme le Rassemblement pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar Keïta, le président de l’Assemblée sortante, et le Parti pour la rénovation nationale (Parena) de Tiébilé Dramé. Malgré nos divergences, je les considère comme de vieux compagnons de route dans l’avènement de la démocratie au Mali. Leur soutien n’a donc pas posé de difficultés particulières. Le chef de l’État n’a pas eu besoin d’intervenir. Il a laissé les choses se faire.

Comment concevez-vous votre nouvelle fonction ?
Toute ma vie, j’ai suivi une ligne claire. J’ai milité pour la démocratie, la liberté et la dignité. Je veillerai donc à ce que l’Assemblée nationale joue pleinement son rôle, tel qu’il est défini par la Constitution. Elle ne sera pas une chambre d’enregistrement, loin de là. L’opposition y aura toute sa place. L’appui à la politique d’ATT se fait sur la base d’un programme clairement défini, dont ses alliés ont parfaitement connaissance. Il y a déjà eu dans le passé des majorités écrasantes, ce qui n’a pas empêché de nombreux projets de loi d’être débattus.

Quelles seront, selon vous, les priorités de la nouvelle Assemblée ?
Bien sûr, en tant qu’enseignant, je suis particulièrement sensible à la question de l’éducation, qui est elle-même étroitement liée à celle de la santé. Il y a aussi les problèmes d’environnement et de déforestation, de regroupement des terres agricoles. Nous nous intéresserons également au désenclavement du Mali qui a besoin de routes, d’aéroports, de voies ferrées

Que pensez-vous des privatisations qui ont été effectuées, ou qui sont en cours, comme celle de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) ?
Je pense que l’État ne devrait pas se désengager totalement de certains secteurs. Je regrette que la Banque mondiale nous ait amenés à accepter des solutions « prêt-à-porter » qui ne fonctionnent pas pour tout le monde. Nous ne pouvons nous le permettre actuellement.

Le président ATT en est à son deuxième et dernier mandat. Comment envisagez-vous sa succession ?
Étant donné son rôle central dans la démocratie malienne, sa succession sera difficile. Mais il y a au Mali beaucoup d’hommes et de femmes qui ont les qualités requises pour occuper sa fonction. Au cours de ces cinq prochaines années, certains d’entre eux émergeront. C’est ça, la politique.

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