Santé

Décès d’une médecin enceinte en Algérie : le directeur de l’hôpital limogé

| Par Jeune Afrique avec AFP
Des médecins marchent devant une clinique à Alger, le 26 février 2020.

Des médecins marchent devant une clinique à Alger, le 26 février 2020. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Le directeur d’un hôpital de Ras el Oued a été démis de ses fonctions après le décès des suites du coronavirus d’une médecin de 28 ans, enceinte de huit mois, à qui il avait refusé un congé.

À la suite du décès de la docteure Wafa Boudissa et de l’enfant qu’elle portait, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a mis fin aux fonctions du directeur de l’hôpital de Ras el Oued (est), une sanction administrative, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier qui a requis l’anonymat. Le nom du directeur n’a pas été divulgué.

Abderrahmane Benbouzid avait ordonné samedi l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les circonstances du décès de la médecin, chargeant, de manière exceptionnelle, l’inspecteur général du ministère de la Santé de mener les investigations. À l’issue de l’enquête, le dossier est susceptible d’être transmis à la justice et, si une faute grave est avérée, le ou les responsables risquent d’être poursuivis pour homicide par négligence, a précisé cette source.

Incompréhension

Âgée de 28 ans, cette docteure était employée aux urgences chirurgicales de l’établissement public hospitalier de Ras el Oued, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, à 170 kilomètres au sud-est d’Alger. Dans un reportage télévisé, le ministre de la Santé, en visite à l’hôpital puis au domicile de la jeune femme, a manifesté son incompréhension devant le fait d’avoir laissé travailler une femme enceinte de huit mois.

Les collègues de la victime ont fustigé, devant les caméras, les responsables de ce décès et exigé leur révocation. Une de ses consœurs a expliqué que la demande de congé de Wafa Boudissa avait reçu l’appui de tous ses collègues qui avaient signé sa requête. Son décès a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, d’autant que la jeune médecin était prioritaire pour bénéficier d’un congé exceptionnel.

Plus de 500 décès

Un décret présidentiel, visant à lutter contre la propagation du Covid-19, stipule que « sont considérées comme prioritaires au titre du congé exceptionnel les femmes enceintes et les femmes élevant des enfants ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques et celles présentant des vulnérabilités médicales ».

Plus de 548 décès ont été recensés en Algérie, selon le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, dont 19 parmi le personnel médical et paramédical, selon le ministre de la santé. Plus de 7 000 cas de contamination ont été officiellement déclarés dans le pays.

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