Politique

Élections au Bénin : un scrutin calme, mais des craintes de forte abstention

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Mis à jour le 18 mai 2020 à 09h50
Le président béninois Patrice Talon dans son bureau de vote de Cotonou, lors des élections municipales du dimanche 17 mai 2020.

Le président béninois Patrice Talon dans son bureau de vote de Cotonou, lors des élections municipales du dimanche 17 mai 2020. © DR / Présidence Bénin.

Les élections municipales et communales de ce dimanche se sont déroulées dans le calme. Le taux de participation à ce scrutin, organisé dans un contexte de pandémie et alors que les appels au boycott se sont multipliés, sera observé avec attention.

Les chiffres de la participation ne sont pas encore connus, mais l’abstention pourrait être importante, à en croire les premières estimations délivrées par la Plateforme des OSC qui avaient déployé quelque 360 observateurs sur le terrain, dimanche.

A la mi-journée, la coalition d’ONG et d’associations béninoises faisait ainsi état d’un taux de participation de 11,8% dans les bureaux de vote dans laquelle ses envoyés étaient présents. Un chiffre à prendre, évidemment, avec précaution. Si les opérations de dépouillement se sont tenues dès hier soir, à la clôture des bureaux de vote,  une source au sein de la Commission électorale nationale autonome (CENA) fait savoir que les résultats seront publiés « dans les 72 heures », et que le taux de participation global n’était, à l’heure où nous écrivions ces lignes, pas connu.

Le taux de participation de ce scrutin, organisé dans un contexte de pandémie de Covid-19 et alors que plusieurs voix se sont élevées pour réclamer le report, voire le boycott, sera scruté avec attention. « La participation c’est notre première victoire », lâchait ainsi Aurélien Agbenonci, ministres béninois des Affaires étrangères, à la sortie du bureau de vote dans lequel il venait de glisser son bulletin dans l’urne, à Grand Popo.

Cinq partis, dont un de l’opposition

Les 5,4 millions d’électeurs béninois étaient appelés aux urnes pour départager les candidats des cinq partis ayant déposé des listes pour les conseillers municipaux et communaux. Outre les deux principaux partis de la mouvance présidentielle, l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR), trois autres formations ont participé à ce scrutin. L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) et le Parti du renouveau démocratique (PRD), qui se réclament également de la mouvance présidentielle, et un seul parti revendiquant se placer dans l’opposition : les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).

Les maires des 77 communes du pays seront ensuite élus par ces conseillers. Selon les nouvelles règles électorales, seules les listes ayant recueilli au moins 10 % des suffrages valablement exprimés au plan national sont éligibles à la répartition des sièges au sein des conseils communaux.

« Le taux global de satisfaction par rapport au déroulement du scrutin est de 81,48% », a expliqué Joël Atayi-Guedegbe, expert des questions électorales, lors d’une conférence de presse de la Plateforme des OSC qui s’est tenue dimanche soir à 18h, après la fermeture des bureaux de vote. Il a cependant relevé que « 276 incidents » ont été signalés aux observateurs, « dont 113 ont obtenu une réponse de la part des autorités ».

Outre des retards dans la mise à disposition du matériel électoral, la Plateforme a également pointé un cas de « votes multiples » à Toviklin, dans le Sud-Ouest, et un cas de « fraude électorale » dans un bureau de vote de Parakou, dans le Nord, où un président de bureau a été appréhendé.

Concernant le respect des règles instaurées pour contrer la propagation du coronavirus, « le taux de satisfaction par rapport au respect de la distanciation sociale est de 58,85% », a noté Joël Atayi-Guedegbe. Le port du masque a, lui, été respecté à « 82% », toujours selon les informations remontées par les observateurs de la plateforme. La CENA avait, pour l’occasion mis à disposition des masques de protection et du gel hydroalcoolique à l’entrée des bureaux de vote.

Enjeu national

Si les résultats officiels ne sont pas encore connus, les remontées de scores observés à la sortie des bureaux de vote font émerger de grandes tendances. L’UP et le BR, les deux formations de la mouvance, sont au coude à coude dans de plusieurs grandes villes du pays, tandis que les FCBE aurait réalisé de bons scores dans les régions septentrionales.

Outre l’élection des maires des grandes villes, ce scrutin a également une portée nationale : en 2021, les candidats à la présidentielle devront en effet obtenir le parrainage d’au moins 10 % des députés ou de 10 % des maires pour pouvoir se lancer dans la course.

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