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Lafarge numéro un en Algérie et en Égypte

En achetant 100 % de la branche ciment d'Orascom, le leader français met le cap sur les marchés africains.

En faisant l’acquisition de 100 % de la branche ciment du groupe Orascom Construction Industries (OCI) pour 10 milliards d’euros (dont 1,4 milliard de reprise de dettes), Lafarge signe une transaction de plus de la moitié de son chiffre d’affaires, de 16,9 milliards d’euros en 2006, et prend le contrôle d’une entreprise ultrarentable. Grâce à des coups de production très bas, Orascom Cement affichera en 2008 une marge opérationnelle supérieure à 40 % sur un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros, tandis que sa capacité de production doit passer à 45 millions de tonnes en 2010, contre 35 millions prévus l’année prochaine. L’actionnaire majoritaire d’OCI, l’Égyptien Nassef Sawiris, entre à 11,4 % dans le capital de Lafarge et disposera de deux sièges au conseil d’administration.
Par cette opération, qui portera la capacité de production de l’ensemble à 260 millions de tonnes par an d’ici à 2010, contre 190 millions en 2006, le groupe devient le premier cimentier mondial. Mais surtout, il renforce ses positions dans les pays émergents, et particulièrement en Afrique, où il réalise déjà 15,7 % de son chiffre d’affaires ciment (partie subsaharienne). Déjà présent au Maroc, où il possède une grosse usine qui produit 3 millions de tonnes de ciment par an, Lafarge a des implantations au Cameroun, au Bénin, en Ouganda, en Tanzanie, au Kenya, en Zambie, au Zimbabwe et au Malawi. Le français se positionne désormais également en Algérie, et se renforce en Afrique du Sud, en Égypte et au Nigeria. « Lafarge parie sur les marchés émergents, donc naturellement sur l’Afrique, se réjouit Bruno Lafont, à la tête de l’entreprise depuis sept mois. D’autant plus que le secteur de la construction est en plein boom, notamment en Égypte, en Algérie, au Nigeria et en Afrique du Sud. »
Dans ces quatre pays, l’essor est fulgurant. En 2006, la croissance du BTP a été à deux chiffres, et les besoins en ciment suivent logiquement cette courbe. En Égypte, Orascom est leader avec 23 % de parts de marché et produit 10 millions de tonnes de ciment, contre 3 millions pour Lafarge. D’ici à 2010, la demande devrait atteindre 39 millions de tonnes. En Algérie, le gain pour l’entreprise française est encore plus évident puisqu’elle n’est pas présente dans le ciment, tandis que l’égyptienne détient 28 % de parts de marché et prévoit de doubler sa capacité de production à plus de 10 millions de tonnes avec la construction d’une usine en 2008. Au total, ce nouveau géant réalisera 65 % de ses résultats sur les marchés émergents à l’horizon 2010 avec, à la clé, un cash flow supérieur à 3,5 milliards d’euros.

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