Diplomatie

[Tribune] Coronavirus : les droits de l’homme ne doivent pas être les oubliés de la crise

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 15 mai 2020 à 12h10
Campagne de sensibilisation pour freiner la propagation du nouveau coronavirus, à Dakar, au Sénégal, le 18 avril 2020.

Campagne de sensibilisation pour freiner la propagation du nouveau coronavirus, à Dakar, au Sénégal, le 18 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui/AP/SIPA

Pour Jean-Claude Kassi Brou et Mohamed Ibn Chambas, l’union régionale fait la force contre la pandémie en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Mais attention à ne pas oublier les droits humains fondamentaux.

La tribune est co-signée par Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cedeao, et Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. 

Face à la crise sanitaire sans précédent qui déstabilise l’économie globale et bouleverse la vie de milliards de personnes à travers le monde, la mobilisation et la solidarité de tous est une nécessité humaine et une priorité stratégique. Les efforts déployés individuellement par les pays, aussi importants soient-ils, ne seront pas suffisants face à un virus qui ne connaît ni frontière, ni nationalité, ni religion, ni ethnie.

Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ne sont pas épargnés par cette menace qui vient s’ajouter aux multiples défis, particulièrement d’ordre sécuritaire, qui affectent déjà le développement, la paix et la stabilité de cette région. Pour faire face à cette épreuve inédite, les gouvernements – soutenus par l’ensemble des acteurs publics et privés – ont rapidement pris une série de mesures nécessaires pour protéger les populations et juguler les conséquences socio-économiques de la pandémie du Covid-19.

Multilatéralisme responsable

Les diverses initiatives entreprises par les partenaires régionaux et internationaux sont porteuses d’espoir pour des millions de personnes en Afrique de l’Ouest, au Sahel et au-delà. Elles attestent aussi de la nécessité d’un multilatéralisme responsable pour faire face à cette crise.

Au niveau international, les Nations unies ont lancé un plan de réponse humanitaire mondial coordonné de 2 milliards de dollars pour financer la lutte contre le Covid-19 dans les pays les plus pauvres du monde. Elles ont aussi demandé l’annulation de la dette des pays africains.

En outre, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à un cessez-le-feu global dans les zones de conflits pour permettre au personnel médical et aux services hospitaliers d’apporter l’aide sanitaire nécessaire aux enfants et adultes contaminés par le virus. Les Nations unies travaillent également à mobiliser des partenaires comme la Banque mondiale, le FMI et la BAD pour affronter la crise de manière coordonnée et efficace ainsi que pour en organiser la sortie.

Au niveau régional, lors de leur dernier sommet extraordinaire, les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao ont notamment décidé d’intensifier et de coordonner leurs actions de lutte contre le Covid-19, d’élaborer un plan de lutte contre sa propagation et un plan de relance économique post-pandémie, de soutenir les couches sociales les plus défavorisées, de renforcer la coopération régionale en matière de recherche et de partage d’expériences sur le virus et, enfin, d’engager les États membres à contribuer au Fonds continental de réponse contre le Covid-19 en Afrique. Ils ont également décidé de soutenir l’initiative de l’Union africaine pour l’annulation de la dette des pays africains.

Dans la région toujours, la Cedeao et le Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), partenaires majeurs, sont solidaires des gouvernements et des populations dans leur combat contre le Covid-19. Ils souhaitent aussi rappeler deux idées primordiales que le contexte de crise et d’urgence ne doit surtout pas faire oublier.

Inclusion et égalité

La première : il est essentiel que les réponses mises en œuvre par les gouvernements de la région tiennent compte du respect des droits de l’homme, de l’inclusion, de l’égalité des genres, de la prévention des violences contre les femmes ainsi que de la lutte contre la stigmatisation.

La seconde concerne plusieurs pays de la sous-région : il est important que la décision de maintenir ou de reporter les élections prévues cette année se prenne sur la base d’un consensus politique inclusif, et en tenant compte des recommandations des experts médicaux.

La Commission de la Cedeao et l’UNOWAS continueront à œuvrer ensemble pour aider la région à sortir de cette épreuve plus forte, plus unie et plus solidaire.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte

devices

Accédez en illimité à l'ensemble de nos articles en vous abonnant pour seulement 1€

Accédez en illimité à l'ensemble de nos articles en vous abonnant pour seulement 1€

je m'abonne