Politique

Mali : Kayes secouée par des violences, IBK appelle au calme

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 13 mai 2020 à 14h50
Le président IBK lors de son son message du 10 avril 2020.

Le président IBK lors de son son message du 10 avril 2020. © Présidence malienne/Twitter

Depuis lundi, Kayes, l’une des principales villes de l’ouest du Mali, est le théâtre de violentes manifestations provoquées par la mort d’un jeune, tué par un policier. Une réunion de crise a eu lieu mardi à la présidence et une enquête a été ouverte.

Lundi soir, soit deux jours après la levée du couvre-feu au Mali, un groupe de jeunes s’amusaient à moto en banlieue de Kayes, quand un policier leur a intimé l’ordre de s’arrêter. Le policier a alors « fait usage de son arme, tuant l’un des jeunes du nom de Seyba Tamboura », 18 ans, a relaté Mamadou Zoumana Sidibé, le gouverneur de la région de Kayes.

Estimant qu’il s’agit d’un « incident regrettable pour la police », Seydou Diallo, directeur régional de la police de Kayes, a en outre indiqué que « le policier n’était pas en mission (…) encore moins en patrouille ».

Flambée de violences

La nouvelle de la mort du jeune homme a provoqué un flambée de violences et d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, au cours desquels au moins deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Des manifestants en colère ont incendié un commissariat, saccagé un poste de police et érigé des barricades sur le pont de la ville. Les manifestations, qui ont démarré lundi soir, ont continué encore le lendemain, mardi.

« Devant la gravité de la situation », le gouvernement a dépêché mardi matin à Kayes une « mission de haut niveau du ministère de la Sécurité » qui compte notamment le directeur général de la police nationale et l’inspecteur en chef des services de sécurité et de la protection civile, a fait savoir Yaya Sangare, le ministre de la Communication, appelant « les populations au calme ». 

Appels au calme et à la justice

« Ce qui s’est passé est intolérable mais j’appelle mes frères et sœurs Kayesiens, mes fils et mes filles de la Cité des rails au calme et à la retenue », a écrit sur Twitter, Aliou Boubacar Diallo, député du cercle de Kayes et président du parti ADP-MAliba, arrivé troisième à la présidentielle de 2018.

Adama Guindo, le maire de la commune a également joint sa voix à celles qui réclament que « la lumière soit faite » sur les circonstances exactes du décès du jeune homme, et pour que des poursuites soient engagées. « Nous voulons qu’il y ait justice, parce qu’il y a eu trop d’injustices dans cette ville, trop de bavures de la police », notamment « pendant le couvre-feu », a pour sa part déclaré Siradjou Tamboura, l’oncle du défunt.

Une réunion de crise sur la situation à Kayes a également eu lieu au Palais de Koulouba. Le Premier ministre, Boubou Cissé, le ministre de la Sécurité, Salif Traoré, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, ainsi que des députés de Kayes ont échangé avec le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a exprimé sa « compassion » aux familles endeuillées.

Le pays fait face depuis fin avril à une vague de manifestations dans plusieurs villes du sud du pays et dans la capitale Bamako. Cette grogne populaire fait suite à l’annonce des résultats définitifs des législatives de mars-avril, qui ont attribué au parti au pouvoir 10 sièges de plus que lors de l’annonce des résultats provisoires.

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