Technologie

Interswitch est-il promis à un avenir plus brillant que Jumia ?

Réservé aux abonnés | | Par
Lagos, Nigeria.

Lagos, Nigeria. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Solidement arrimée à Visa, la licorne nigériane entend étendre son empreinte en Afrique via sa carte de paiement Verve.

Le géant nigérian de la fintech Interswitch voit en la pandémie de Covid-19 une opportunité pour étendre l’utilisation de Verve – sa carte de paiement à puce et à NIP dotée de capacités de reconnaissance d’empreintes digitales, de visage et de voix – à de nouveaux marchés sur le continent.

Alors qu’Interswitch est présent au Nigeria, en Ouganda, au Kenya et en Gambie et que ses services et jetons sont utilisés sur 25 marchés africains, Verve est bien positionnée pour « d’autres marchés qui utilisent nos partenaires de distribution existants, en particulier les émetteurs de cartes actifs au-delà du Nigeria », explique Mitchell Elegbe, le PDG d’Interswitch, interrogé par Jeune Afrique.

IPO maintes fois repoussée

Une ambition qui renforcerait l’empreinte de Visa sur le marché africain, face notamment à son concurrent Mastercard : fin 2019, Visa a pris une participation non divulguée dans Interswitch dans le cadre d’un accord valorisé à 1 milliard de dollars, faisant de la start-up nigériane une « licorne » africaine, sur les traces de Jumia.

À noter toutefois que de leur côté, les actions de Jumia ont chuté depuis leur entrée à la Bourse de New York en 2019. La capitalisation boursière de Jumia, un temps supérieure à 3 milliards de dollars, s’établit désormais à environ 250 millions de dollars, soit proche de la valeur maximale de 230 millions de dollars suggérée par nos confrères de The Africa Report en avril 2019 à la lumière des précédentes transactions du secteur.

Mais Interswitch ne devrait pas connaître le même sort : il est en effet peu probable que Visa ait bien trop payé pour sa prise de participation, même s’il y a un aspect « relations publiques » à ce que la valorisation à 1 milliard de dollars confère à Interswitch le label de « licorne ». Le montant a été fixée par un acteur établi du secteur, plutôt que par une frénésie boursière, comme pour Jumia. Un élément positif pour Interswitch en prévision d’une éventuelle introduction en bourse. La société a reporté à plusieurs reprises ses projets d’IPO et Mitchell Elegbe a refusé de commenter le futur calendrier.

Relativement épargnée par la crise du Covid-19

La diversification entre les secteurs économiques est l’un des avantages du modèle Interswitch. « L’application des paiements électroniques est indépendante du secteur », détaille son PDG. La société propose ses services aux entreprises et aux organismes du secteur public dans le commerce de détail, les télécommunications, la santé et les services financiers au Nigeria.

« Nous restons relativement isolés des effets immédiats de la crise. Nos services ne sont pas liés à une industrie ou à un secteur, ce qui signifie que les fluctuations du marché sont ressenties beaucoup moins sévèrement. »

L’Afrique subsaharienne était le marché des paiements numériques à la croissance la plus rapide au monde avant le Covid-19, estime Mitchell Elegbe, selon lequel la pandémie pourrait accélérer cette tendance, car de plus en plus de personnes se tournent vers le transfert électronique pour échanger de l’argent en toute sécurité et les entreprises utilisent des moyens numériques pour continuer à fonctionner, a-t-il déclaré.

Précautions numériques

Les plans de continuité des activités ont assuré que les opérations B2B et B2C d’Interswitch continuent de fonctionner, la grande majorité du personnel travaillant désormais à domicile, a précisé Mitchell Elegbe.

La pandémie n’a d’ailleurs pas affecté la mise en œuvre du récent partenariat d’Interswitch avec American Express. Un accord qui permet aux membres d’American Express d’effectuer des transactions en privilégiant les commerçants qui traitent les paiements via la plateforme Interswitch. Interswitch intègre ainsi son réseau de commerçants nigérians au réseau mondial d’American Express.

En revanche, les paiements via les sociétés de paris sportifs ont été considérablement affectés par la suspension des saisons des ligues majeures en Europe, ainsi que des compagnies aériennes, des restaurants et des hôtels, a nuancé le patron d’Interswitch. « Ces baisses ont été contrebalancées par la croissance de l’achat de temps d’antenne et de forfaits de données, ainsi que par l’augmentation des transactions de détail, en particulier les achats de biens de grande consommation. » Il y a également eu une « légère augmentation » du paiement électronique des factures de services publics.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte