Arts

La foire d’art contemporain 1-54 en ligne… Et pourquoi pas ?

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Mis à jour le 13 mai 2020 à 14h33
Wura-Natasha Ogunji, « I imagined you », 2020. Fil, encre et graphite sur papier calque 61 × 61 cm.

Wura-Natasha Ogunji, « I imagined you », 2020. Fil, encre et graphite sur papier calque 61 × 61 cm. © Fridman Gallery, New York

Depuis le 6 mai, il est possible de visiter virtuellement la manifestation 1-54, initialement prévue à New York. On aurait tort de s’en priver.

C’est une expérience étonnante, mais elle offre bien des avantages. Depuis quelques jours, il est possible de visiter en ligne sur le site Artsy.net la foire d’art contemporain africain 1-54, qui devait initalement se tenir à Industria (New York, West Village) à partir du 6 mai. Contempler de l’art à travers la petite fenêtre d’un écran de smartphone ou d’ordinateur, hérésie ? Acheter une œuvre sans l’ausculter de près sous toutes les coutures, sacrilège ? En ces temps de pandémie et de confinement, peut-être faut-il revoir nos manières de penser et de collectionner. Sans souhaiter que l’expérience ne dure trop, il faut bien reconnaître que le format proposé par l’équipe de la Marocaine Touria El Glaoui ouvre de nouvelles perspectives… notamment pratiques.

Plus de 600 œuvres

Une foire d’art, c’est une sorte de supermarché de la création où l’on erre nez en l’air et yeux en alerte, ouverts à la surprise, au coup de cœur, voire au coup de foudre. Cette balade en liberté, elle est possible en ligne bien entendu : il suffit de laisser glisser son doigt ou sa souris de galerie en galerie, comme lors d’une visite réelle où l’on passe de l’une à l’autre en suivant les travées. Moins agréable, sans doute, mais mieux que rien.

Cependant, la visite virtuelle, c’est aussi la possibilité de choisir son excursion dans une menu déroulant simple et clair et de décider de la direction à suivre. Ainsi, les aficionados de la peinture peuvent choisir la section « Paintings », les mordus de photo la section « Photography » et ainsi de suite pour les œuvres sur papier, les installations, les vidéos, les sculptures…

Au total, ce sont plus de 600 œuvres d’une centaine d’artistes qui peuvent être découvertes sur écran, en général dans une excellente définition permettant d’observer les détails les plus précis. Cela ne remplace pas ce que les spécialistes appellent « la rencontre » avec une œuvre, mais cela permet déjà la découverte.

Et comme d’habitude depuis la création de la foire 1-54 à Londres en 2013, l’événement permet de circuler entre les créations de plasticiens déjà reconnus (Romuald Hazoumè du Bénin, Soly Cissé et Omar Ba du Sénégal, Nyaba Léon Ouédraogo du Burkina Faso, Aboudia de la Côte d’Ivoire, Seydou Keïta du Mali, etc.) ou de découvrir des noms moins connus mais qui devraient le devenir, comme celui de la Nigériane Wura-Natasha Ogunji (Fridman Gallery).

Le choix du prix

Autres avantages du menu déroulant : choisir ce que l’on veut voir en fonction de la taille de l’œuvre ou… de son prix ! Et c’est là, sans doute, que la visite en ligne offre un intérêt supplémentaire pour le néophyte. Généralement, en effet, les galeries n’affichent pas leurs prix dans les foires d’art contemporain, pour toutes sortes de raisons : ne pas en révéler trop sur la cote d’un artiste, donner l’impression que le domaine est réservé aux initiés, forcer la discussion entre le galeriste et le potentiel client, etc. Autant dire que, pour les timides, il est parfois compliqué de se faire une idée du coût d’une création. Eh bien pour une fois, dans la majorité des cas, les prix sont affichés en toute transparence ! Et cela donne une idée assez claire du marché de l’art contemporain africain en 2020.

Ainsi, sur 632 œuvres référencées dans cette foire, 52 sont à moins de 1 000 euros (8 %), 252 sont comprises entre 1 000 et 5 000 euros (40 %), 183 entre 5 000 et 10 000 euros (29 %), 133 entre 10 000 et 50 000 euros (21 %) et 12 à plus de 50 000 euros (2 %). Un marché relativement modeste, donc, qui devrait en toute logique attirer les amateurs, même s’ils ne sont pas dotés de moyens mirobolants, et peut-être convaincre les fortunes africaines d’investir dans ce que la création africaine offre de meilleur.

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