Économie

Isabel dos Santos invoque un passeport truqué et de faux emails pour se disculper

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Mis à jour le 14 mai 2020 à 18h17
Isabel dos Santos

Isabel dos Santos © AP Photo/Paulo Duarte/SIPA

Ébranlée en début d’année par les « Luanda Leaks », la femme d’affaires et fille aînée de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos accuse la justice angolaise de s’être appuyée sur de faux documents pour geler ses avoirs en Angola et au Portugal.

La contre-attaque est spectaculaire. À la mesure de la déflagration provoquée mi-janvier par les « Luanda Leaks » qui avaient exposé les zones d’ombre de l’empire financier d’Isabel dos Santos. Dans un communiqué publié ce mardi 12 mai, la femme d’affaires et fille de l’ancien président dos Santos affirme que la justice angolaise a utilisé un passeport falsifié dans le dossier qui a conduit au gel préventif de ses avoirs dans le pays puis au Portugal.

Cette annonce, envoyée par une agence de relations publiques anglaise à plusieurs médias dont Jeune Afrique, constitue la première riposte publique d’Isabel dos Santos (en dehors de ses messages sur les réseaux sociaux) dans le bras de fer qui l’oppose aux autorités angolaises et à l’actuel chef de l’État, successeur de son père, João Lourenço.

Précision pour le moins étonnante, selon le communiqué, le faux passeport au nom d’Isabel dos Santos ne porte pas la signature de cette dernière mais celle de Bruce Lee, le célèbre acteur de kung-fu. Il présenterait aussi une date de naissance erronée et un numéro de passeport incorrect. Le communiqué fait également état de faux emails qui auraient été utilisés pour attester de la volonté d’Isabel dos Santos de procéder à des transferts de fonds vers l’étranger.

le Portugal doit prendre acte de ces nouveaux éléments afin de procéder à la libération des actifs saisis

« N’est-il pas désormais clair que l’objectif des autorités angolaises consistait à obtenir une saisie conservatoire en urgence, à tout prix, afin de m’empêcher d’assurer ma propre défense et de provoquer la faillite des entreprises dans lesquelles j’ai investi et que j’ai gérées ? », interroge dans le communiqué Isabel dos Santos, qui demande, en outre, au Portugal de « prendre acte de ces nouveaux éléments afin de procéder à la libération des actifs saisis de façon irrégulière ».

Accusation crédible ?

Sollicité, le ministère public angolais n’a pas réagi dans l’immédiat. Interrogé précédemment sur ce dossier, il avait rappelé qu’il était géré par le tribunal provincial de Luanda. Interrogée, une source proche du dossier du côté des autorités angolaises questionne toutefois la crédibilité d’une telle accusation contre la justice parlant d’une tentative de « diversion ».


Lire aussi notre dossier Angola : le déclin de l’empire dos Santos


Pour conduire sa défense, Isabel dos Santos, qui confie sa communication depuis plusieurs années à l’agence portugaise LPM Comunicação, a cette fois-ci eu recours à un nouvel acteur : l’agence de relations publiques anglaise Powerscourt et sa directrice associée Victoria Palmer-Moore. Créée en 2004 par l’ancien journaliste économique du Sunday Times, Rory Godson, l’agence est spécialisée notamment dans la gestion de crise et les questions de réputation. Elle dispose de bureaux à Dublin et à Londres, où Isabel dos Santos s’est installée depuis son départ de Luanda à l’été 2018.

Fin décembre 2019, la justice angolaise avait gelé préventivement ses avoirs afin d’obtenir le paiement à l’État d’un préjudice estimé à 1,1 milliard de dollars, une procédure contestée par la femme d’affaires. Mi-février, la justice portugaise lui avait emboîté le pas, répondant à une demande de l’Angola dans le cadre d’une enquête pour mauvaise gestion et détournement de fonds durant le mandat d’Isabel dos Santos à la tête de la société pétrolière publique Sonangol. Après les accusations de détournement de fonds publics et de conflits d’intérêts mises à jour par les « Luanda Leaks », cette décision de la justice portugaise avait fini d’écorner l’image de la femme d’affaires sur le plan international.

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