Justice

Afrique-France : Alexandre Djouhri bientôt fixé sur sa demande de transfert médical en Suisse

Alexandre Djouhri, à Londres, en juin 2019.

Alexandre Djouhri, à Londres, en juin 2019. © Richard Cannon pour JA

Mis en cause dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2007, l’homme d’affaires franco-algérien sera auditionné le 18 mai. Ses avocats, qui le disent dans un état de santé critique, demandent son transfert en Suisse.

Le 18 mai, les trois magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris trancheront sur la demande de transfert d’Alexandre Djouhri dans une clinique cardiologique privée en Suisse, pays dont il est résident. Une première demande a été rejetée par les magistrats instructeurs le 23 avril.

L’homme d’affaires est notamment mis en examen pour « corruption active » dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2007. Extradé de Londres vers la France en janvier, il a été détenu à la prison de Fresnes, en Île-de-France, avant d’être assigné à résidence sous surveillance électronique, le 13 mars, pour raisons médicales – il a notamment été victime de plusieurs arrêts cardiaques en 2018 et souffre d’une cirrhose et d’une hépatite C.

« Risque de fuite »

Il occupe depuis un appartement du 16e arrondissement de Paris. Selon un membre de son entourage, il ne reçoit personne de crainte d’être infecté par le Covid-19. « S’il ne bénéficie pas de soins appropriés et préventifs, le risque qu’il ne puisse survivre, s’il était atteint par le coronavirus, est considérable », font valoir, documents médicaux à l’appui, ses avocats Pierre Cornut-Gentille et Jean-Marc Delas dans un mémoire destiné à la chambre de l’instruction. Selon eux, seule la clinique genevoise est en mesure de prendre immédiatement en charge Alexandre Djouhri dans le contexte de la crise sanitaire.

Mais, selon les pièces du dossier que Jeune Afrique a pu consulter, les juges justifient leur décision du 23 avril par la nécessité « d’éviter tout risque de fuite ». Aux yeux des magistrats, Alexandre Djouhri s’est soustrait à la justice française durant quatre ans, alors qu’il recevait des convocations du Parquet national financier.

Sa défense qualifie de « kidnapping judiciaire » son arrestation en 2018, à Londres, et son extradition. « Il a bien été demandé à plusieurs reprises à Alexandre Djouhri de répondre à des convocations de services de police transmises par textos, par courriels ou par téléphone », reconnaissent les avocats, qui estiment pourtant ces convocations non valables. « Il existe une convention entre la France et la Suisse qui permet à la justice française d’entendre un résident suisse, assure Me Jean-Marc Delas, mais il faut pour cela saisir les autorités suisses. »

« Dossier extravagant »

Sur le fond, ce dernier dénonce un « dossier extravagant qui part de déclarations mensongères de Ziad Takieddine [l’homme d’affaires franco-libanais assure avoir remis au camp Sarkozy 50 millions d’euros provenant du régime Kadhafi en 2006 et 2007, NDLR]. Après sept ans d’instruction, il n’y a nulle part dans le dossier le début d’une piste menant au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ».

Alexandre Djouhri est mis en cause dans plusieurs volets de l’affaire du présumé financement libyen de la campagne de Sarkozy. Il est notamment soupçonné de détournement de fonds publics et de blanchiment de détournement de fonds pour avoir vendu sa villa de Mougins, sur la Côte d’Azur, au fonds Libyan African Portfolio (LAP) à un prix surévalué, selon les magistrats, de 10,14 millions d’euros, contre une « valeur réelle d’environ 1,8 million d’euros ». La justice soupçonne l’opération d’avoir couvert des flux financiers en direction du clan Sarkozy. Djouhri aurait également joué les intermédiaires entre Airbus et la Libye pour l’acquisition de plusieurs appareils, ce qu’il nie.

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