Télécoms

Vodacom sort le grand jeu pour rester leader en RDC

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Leader en RDC, Vodacom investit massivement dans ses infrastructures. Ici des ouvriers sur une tour de télécoms du gestionnaire panafricain Helios.

Leader en RDC, Vodacom investit massivement dans ses infrastructures. Ici des ouvriers sur une tour de télécoms du gestionnaire panafricain Helios. © Helios

Talonné par Orange, l’opérateur soigne ses relations avec Kinshasa pour conserver son rang sur son premier marché en dehors de l’Afrique du Sud.

En juin 2019, Vodacom a échappé de peu à un retrait de ses fréquences mobiles 2G en République démocratique du Congo (RDC). La sanction annoncée par le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies d’alors, Emery Okundji Ndjovu, aurait été un coup dur si l’opérateur qui revendique 13,7 millions d’utilisateurs dans le pays (dont la moitié en 2G selon des données communiquées en 2019), n’avait pas trouvé un accord avec le gouvernement quelques jours plus tard.

6,9 millions de dollars de pénalités

Dans son rapport annuel sur l’exercice clos en mars 2020, dévoilé lundi 11 mai, le groupe panafricain basé en Afrique du Sud révèle que sa filiale « Vodacom Congo a payé 6,9 millions de dollars US (6,3 milliards d’euros) en pénalités et frais administratifs en échange de la prolongation de [sa] licence de 10 ans supplémentaires ». En effet, les autorités de Kinshasa estimaient que « sa licence 2G n’avait pas été correctement renouvelée ».

Kinshasa estimait que la somme de 16,25 millions de dollars versée en 2015 pour la prorogation de cette licence avait induit un manque à gagner de 65 millions de dollars pour l’État. L’opérateur admet devoir encore solder un différend avec la douane sur les conditions d’approvisionnement d’un ex-fournisseur local et à mettre son actionnariat en conformité avec certaines dispositions du droit Ohada.

Mais le règlement du litige concernant la 2G, qui suit le déploiement de la 4G en 2019, permet à Vodacom Congo d’aborder l’avenir avec plus de sérénité. Cette filiale est désormais le premier contributeur aux revenus du groupe panafricain en dehors de la nation arc-en-ciel, devant la Tanzanie. Son chiffre d’affaires a atteint 511,5 millions de dollars (473 millions d’euros) au titre de l’exercice 2019-2020, devant la Tanzanie à 1 032 milliards de schillings tanzaniens (412 millions d’euros), le Mozambique à 24,6 milliards meticals mozambicains (334 millions d’euros) et le Lesotho à 1,3 milliard lotis (69 millions d’euros). L’Afrique du Sud reste loin devant avec près de 69,5 milliards de rands (3,5 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.

Porté par les revenus du mobile

Vodacom Congo est également la filiale la plus dynamique du groupe, qui a vu son excédent brut d’exploitation (Ebitda) bondir de 11,6 % sur un an à 37,6 milliards de rands (1,9 milliard d’euros). Dirigée depuis 2017 par l’Égyptien Anwar Soussa, l’entité congolaise connaît elle une progression de son Ebitda de près de 49 % à environ 194 millions de dollars (179 millions d’euros) ainsi qu’une croissance de sa clientèle mobile de près de 39 %.

Le revenu moyen par utilisateur y atteint 46 rands par mois (environ 2,3 euros), contre 36 pour la filiale tanzanienne, qui compte pourtant plus de clients (15,5 millions à la fin du mois de mars).

Porté principalement par les revenus tirés des services mobiles (musique, vidéo à la demande, jeux vidéo, Airtime Advande, l’assurance, VodaPay ou encore M-Pesa, que Vodacom contrôle en tandem avec Safaricom) la croissance du groupe Vodacom profite donc nettement de la contribution congolaise qui récolte les fruits de la 4G.

Concurrence exacerbée

Or, la concurrence a rarement été aussi rude sur ce marché, notamment depuis le rachat en 2016 par Orange de la filiale congolaise de Millicom (« Tigo »). Vodacom Congo maintient son avance sur le marché de la téléphonie, avec 35,5 % de parts de marché à fin septembre 2019, devant Orange (29,5 %), Airtel (24 %) et Africell (11 %). Mais le leader a cédé des parts sur les segments lucratifs de l’internet mobile et du mobile money, cédant entre 0,5 % et 2 % en trois mois à Orange.

Pour conserver toutes les chances de son côté, Vodacom multiplie les investissements dans ses opérations. La société a ainsi contracté un prêt de 25 millions de dollars pour financer des investissements supplémentaires dans le spectre de fréquence en 2019, Vodacom Congo est aussi mis à contribution dans le cadre de la campagne nationale d’identification biométrique de la population.

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