Diplomatie

Cameroun-France : l’ambassadeur Alfred Nguini rappelé à Yaoundé

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 07 mai 2020 à 17h25
Ambassade du Cameroun, Paris.© Vincent Fournier/JA

Ambassade du Cameroun, Paris.© Vincent Fournier/JA © Ambassade du Cameroun, Paris. © Vincent Fournier/JA

Nommé ambassadeur du Cameroun en France en mars 2019, Alfred Nguini a été rappelé à Yaoundé sans aucune explication officielle. Un limogeage en douceur, en l’absence de crise diplomatique entre Yaoundé et Paris, motivé par plusieurs raisons.

Selon nos informations, cette décision a été notifiée à Alfred Nguini à la fin du mois d’avril, alors qu’il était confiné dans sa résidence parisienne. L’intéressé pourrait effectuer le voyage de retour au Cameroun en compagnie d’Antoine Ahmadou, son fidèle ministre conseiller – numéro deux de l’ambassade –, qui a lui aussi été écarté.

Pour assurer la continuité de ce poste diplomatique parmi les plus sensibles du Cameroun, dont l’ambassade rouvrira ses portes au public à partir du 11 mai, Perpétue Menye Onana a été désignée chargée d’affaires.

Le président, Paul Biya, aurait annoncé sa décision à l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, lors de leur entretien, le 16 avril.

Série de couacs

Après sa nomination, le 29 mars 2019, la présidence camerounaise avait déjà beaucoup hésité à signer les lettres de créance d’Alfred Nguini, qui ne lui étaient parvenues qu’à la mi-mai. Une partie de l’entourage présidentiel s’était montrée réservée en dépit de l’expérience de ce protégé de Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence.

Ce dernier avait finalement réussi à obtenir du chef de l’État la signature, peu enthousiaste, desdits documents. Mais, à Paris, la représentation diplomatique s’est par la suite rendue coupable d’une série de couacs.

D’abord, le séjour de Paul Biya, le 10 novembre 2019, à Paris, à l’occasion du sommet de l’Élysée pour la Paix, a été perturbé. L’ambassade avait, entre autres, « oublié » de communiquer à la préfecture de police l’immatriculation des véhicules d’escorte du président. Les policiers français avaient été chargés par erreur de sécuriser l’Hôtel de Crillon, alors que le chef de l’État camerounais résidait au Meurice.

Par ailleurs, Alfred Nguini était en conflit ouvert avec le très influent percepteur de l’ambassade, Christophe Ketchankeu. Le 4 avril, il avait fait irruption au domicile de ce dernier pour lui enjoindre de payer les salaires des personnels locaux (gelés pendant la période de confinement), avant de lui adresser une lettre de « mise en garde ». Des méthodes qui ont fortement déplu à Yaoundé.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte