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Cet article est issu du dossier «Automobile : ces marques qui croient en l'Afrique»

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Économie

Les tunisiens One Tech et Coficab affichent leur réussite à l’international

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Fabrication de fils câblés électriques à Sijoumi, dans la banlieue de Tunis.

Fabrication de fils câblés électriques à Sijoumi, dans la banlieue de Tunis. © Nicolas Fauqué/www.imagesdetunisie.com

Malgré la révolution de 2011 et la crise européenne, les deux principaux équipementiers du pays poursuivent leur développement. Objectif : être au plus près des constructeurs, partout dans le monde.

En Tunisie, les fabricants des industries mécaniques et électroniques, dont les composants autos représentent une part prépondérante, forment un monde à part. Dans une économie nationale déprimée, eux ne parlent que de croissance. « Depuis 2008, cette industrie est l’un des principaux secteurs exportateurs », explique Jalel Tebib, directeur de la promotion des secteurs à technologie évoluée à l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (Fipa).

Dans le sillage de la révolution tunisienne de 2011, les conflits sociaux ont pourtant constitué un défi pour les entreprises concernées. « Il a fallu s’organiser pour que les perturbations n’aient pas d’impact sur les livraisons, reconnaît Slim Sellami, directeur général de Fuba PCT, la branche circuits imprimés du groupe One Tech. Nos clients, des multinationales allemandes ou françaises, n’auraient pas pu le tolérer. »

JA2786p074info Le surcoût logistique et les augmentations de salaire ont pesé mais, ajoute le manager, « on n’a pas perdu un seul client ». Chez One Tech Holding, 55 % du chiffre d’affaires est orienté vers l’automobile, soit environ 110 millions d’euros. Et la croissance affiche une santé de fer, entre 15 % et 20 %.

Anticipation

La crise européenne du marché de l’automobile a eu peu de répercussions sur les principaux groupes tunisiens. « Notre positionnement sur les applications électroniques nous a préservés. Cette activité est restée dynamique », explique Slim Sellami.

Même son de cloche chez Coficab, la branche câble automobile du groupe Elloumi. « Nous avons peu souffert. Au pire, notre croissance a été ralentie, explique Mohamed Riahi, directeur des ventes et du marketing. Nous avons anticipé une contraction du marché. Les donneurs d’ordre ne faisaient plus appel qu’à trois fournisseurs au lieu de cinq. Pour faire partie de ceux-là, nous avons misé sur la qualité de nos produits et notre capacité à travailler en flux tendu. » Depuis trois ans, Coficab, qui affiche un chiffre d’affaires de 730 millions d’euros, s’est hissé, selon Mohamed Riahi, au deuxième rang mondial des fabricants de câbles automobiles derrière l’allemand Leoni, avec des parts de marché respectives de 13 % et 15 %.

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Expansion

Une réussite rendue possible par le développement des activités du groupe Elloumi hors de Tunisie. Cette expansion, débutée en 1993 au Portugal, s’est accélérée récemment, d’abord aux États-Unis en 2013 et en Macédoine cette année.

Coficab regarde désormais vers l’Est : « Nous devons être positionnés sur quatre continents : l’Europe étendue [avec la Russie], l’Amérique du Nord, et l’Asie Pacifique. Nous allons installer une base logistique en Chine, où nous souhaitons nous implanter également de façon industrielle », détaille Mohamed Riahi. Un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Début juin, la société va inaugurer un centre de recherche et développement d’un montant d’environ 3 millions d’euros à Guarda, au Portugal.

De son côté, One Tech affiche aussi des ambitions internationales. Le groupe a notamment décidé d’investir plus de 8 millions d’euros dans la zone franche de Tanger, au Maroc, dans une filiale spécialisée dans la plasturgie, pour se rapprocher du constructeur Renault. « Nous sommes également en pourparlers pour la création d’une coentreprise aux États-Unis », indique Slim Sellami. Fuba PCT ne délaisse pas pour autant la Tunisie. L’entreprise va ainsi réaliser un investissement de plus de 11 millions d’euros pour l’extension de son site de Bizerte.

 

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