Entreprises & marchés

Coronavirus : au Maroc, les télécoms, l’agroalimentaire et la grande distribution s’en sortent bien

| Par - à Casablanca
Mis à jour le 06 mai 2020 à 11h50
Supermarché Carrefour au Maroc dans la ville de Rabat-Salé (photo d'illustration)

Supermarché Carrefour au Maroc dans la ville de Rabat-Salé (photo d'illustration) © Jeune afrique

Dans leur rapport « Crise sanitaire Covid-19 : des lueurs d’espoir au bout du tunnel », les analystes d’Attijari Global Research se sont penchés sur les secteurs qui bénéficient ou vont bénéficier d’une nouvelle dynamique de croissance du fait de la crise.

Alors que le Haut-commissariat au plan annonce une croissance économique nationale tronquée de 8,9 points au deuxième trimestre 2020 et que la crise risque d’être fatale à de nombreuses entreprises, notamment dans le secteur du tourisme, d’autres pans de l’économie pourront tirer leur épingle du jeu, comme le montrent les analystes d’Attijari Global Research dans le rapport Crise sanitaire Covid-19 :Des lueurs d’espoir au bout du tunnel.

Les rédacteurs du rapport citent en premier lieu les télécommunications, qui bénéficient de la forte demande liée au confinement. La consommation de data mobile a ainsi progressé de 50 %, l’activité fixe-internet enregistrant elle aussi une progression. Les analystes prévoient une hausse du chiffre d’affaires de 5 % pour Maroc Télécom, l’unique représentant du secteur coté à la Bourse de Casablanca.

« La consommation moyenne par utilisateur devrait franchir un nouveau palier et le taux de pénétration de la data devrait accélérer sa progression », indiquent les auteurs du rapport. Selon eux, la crise sanitaire aura démontré qu’une digitalisation s’impose dans le secteur public privé comme dans les entreprises. Les analystes estiment donc cette dynamique de croissance devrait se poursuivre dans l’après-crise, les dirigeants prenant le dossier à bras-le-corps.

Le savon, produit gagnant de Lesieur Cristal

Selon les analystes d’Attijari, les activités agroalimentaires, qui n’ont connu que très peu de perturbations au Maroc, devraient gagner en importance stratégique après la crise. « De nouvelles opportunités à l’export émergeront dans un contexte où la question de la sécurité alimentaire semble prendre le dessus au sein des grandes économies », écrivent les analystes de la banque d’affaires.

C’est le cas du producteur de sucre Cosumar, coté à la Bourse de Casablanca, qui a bouclé il y a quelques mois la construction d’une raffinerie de sucre blanc en Arabie saoudite. L’entreprise dirigée par Mohamed Fikrat génère déjà 20 à 25 % de son chiffre d’affaires grâce à l’export, notamment à destination de l’Afrique. « Après la crise, les quantités exportées vont certainement augmenter, ce qui permettra à Cosumar un atterrissage 2020 plus doux que celui que vont connaitre d’autres entreprises » estime l’analyste d’une société boursière que nous avons contacté.Côté consommateurs marocains, la demande a connu quelques semaines de régression suite aux stockages conséquents faits par les ménages au tout début du confinement, mais cela n’aura pas d’impact conséquent sur les résultats annuels, selon des analystes que nous avons interrogés.

Le producteur d’huiles et de produits d’hygiène Lesieur Cristal, coté à la Bourse de Casablanca, devrait êtrel’un des groupes gagnants. « Les consommateurs ont acheté et stocké beaucoup de produits de première nécessité, dont l’huile, mais l’article le plus consommé a sans conteste été le savon, qui génère déjà en temps ordinaire 15 % du chiffre d’affaires de Lesieur Cristal. L’exercice 2020 se bouclera donc probablement sur une bonne note », poursuit notre analyste.

Une « opportunité unique de progression » pour la grande distribution

Enfin, durant le confinement, alors que de nombreux magasins de proximité et petites épiceries avaient tiré le rideau les grandes surfaces marocaines ont connu une affluence record. « C’est du jamais vu sur une période aussi longue », commentent des dirigeants de Label’vie, groupe coté à la Bourse de Casablanca qui gère la marque Carrefour dans le pays – sans chiffrer cette croissance.

« Les analyses et les prévisions pour l’année 2020 de l’entreprise ont toutes été revues », explique un analyste qui estime la progression du chiffre d’affaires du distributeur marocain de 10 % à 15 % pour 2020.Selon les équipes d’Attijari Global Research, qui relèvent que le taux de pénétration de la grande distribution au sein de l’économie n’est que de 17 % au Maroc, contre 38 % en moyenne pour les pays comparables, le secteur  « est devant une opportunité unique de progresser considérablement ».

Les grandes surfaces, qui ont dû accélérer la digitalisation de leurs services pour permettre à leurs clients de passer des commandes en ligne, devraient également pouvoir profiter sur le long terme de ce nouveau créneau, « qui sera à terme créateur de valeur », anticipent les analystes de la Banque d’affaires Attijari.

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