Diplomatie

Tchad-France : comment Idriss Déby Itno a encore renforcé l’axe N’Djamena-Paris

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Emmanuel Macron accueille Idriss Deby Itno lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020.

Emmanuel Macron accueille Idriss Deby Itno lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020. © GEORGES GOBET / AFP

Depuis le sommet du G5 Sahel, à Pau, en janvier, Idriss Déby Itno a réaffirmé son statut de partenaire privilégié de la France au Sahel. Une diplomatie militaire qui fait de l’axe N’Djamena-Paris l’un des plus solides du continent.

Réunis le 27 avril en visioconférence, les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense et ceux du G5 Sahel (Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso, Mauritanie) ont une nouvelle fois « souligné l’importance de l’envoi dès que possible d’un bataillon tchadien dans la zone des trois frontières ».

Selon nos informations, cet envoi est en réalité acté, même si Idriss Déby Itno (IDI) en a fait ces derniers mois l’un des outils de sa diplomatie.

Annoncé dès le 14 janvier, au lendemain du sommet du G5 Sahel, à Pau (France), il a été l’objet de nombreuses conversations au plus haut niveau entre Paris et N’Djamena. Dès le 19 janvier, la ministre française des Armées, Florence Parly, en a évoqué, lors d’une visite de 48 heures à N’Djamena, le côté opérationnel avec son homologue tchadien, Mahamat Abali Salah.

Boko Haram, le grain de sable

Le 29 janvier, le déploiement était encore au menu de la visite à Idriss Déby Itno, au palais présidentiel, de Bertrand Cochery, l’ambassadeur de France au Tchad, et du général Pascal Facon, commandant de la force Barkhane. Cochery et IDI se sont revus à deux reprises pour évoquer le sujet, le 18 février et le 9 mars. Mais l’attaque de Boko Haram sur le lac Tchad le 23 mars est venue gripper cette machine bien huilée.

Une partie des effectifs initialement prévus pour être envoyés dans la zone des trois frontières a en effet été affectée à l’opération « Colère de Bormo », chargée d’« anéantir » Boko Haram dans la région du Lac. Le 10 avril, surtout, Déby Itno déclarait : « À compter d’aujourd’hui, aucun soldat tchadien ne participera à une opération militaire en dehors du Tchad. » Une déclaration que la France a prise au sérieux.

Un entretien Macron-Déby Itno à la mi-avril

Selon nos informations, le président français Emmanuel Macron et son homologue ont échangé au téléphone aux alentours du 15 avril pour discuter de la situation dans les régions du lac Tchad et du Sahel.

Pour ce qui est du Lac, Macron disposait des comptes rendus de la Direction des renseignements militaires français (dont le patron, Jean-François Ferlet, n’est autre que l’ex-général adjoint de Barkhane), et de la DGSE (proche de l’Agence nationale de sécurité tchadienne), lesquelles fournissent aux Tchadiens des données de géolocalisation sur les mouvements jihadistes.

L’Élysée souhaitait surtout s’assurer que l’agenda issu du sommet de Pau, et notamment l’envoi du contingent tchadien, n’était pas remis en cause, ce qu’IDI lui a assuré. Le ballet diplomatique a donc pu reprendre : le 24 avril, Florence Parly s’entretenait une nouvelle fois, par téléphone, avec Mahamat Abali Salah sur le sujet afin de préparer la visioconférence du G5 Sahel pour le 27.

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