Politique

Niger : où en est l’enquête dans l’affaire impliquant des leaders de la société civile ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 30 avril 2020 à 12h29
Moussa Tchangari, secrétaire général d'Alternative Alternative Espace Citoyens.

Moussa Tchangari, secrétaire général d'Alternative Alternative Espace Citoyens. © Photo TAGAZA DJIBO

Depuis le 19 mars, Moussa Tchangari et quatre autres leaders de la société civile sont emprisonnés au Niger, après avoir participé le 15 mars à une manifestation à Niamey. Le point sur la procédure engagée à leur encontre.

Moussa Tchangari (Alternative Espace Citoyens), Halidou Mounkaila (syndicat des enseignants Synaceb), Habibou Soumaila, Moundi Moussa et Maikoul Zodi (tous trois membres de Tournons la page, TLP), représentés par l’avocat Mouloul Boudal Effred, sont actuellement détenus dans cinq prisons séparées situées dans la région de Tillabéry : à Tillabéry même, à Dey Keyna, à Kollo, à Ouallam et à Filingué (où était récemment détenu l’opposant Hama Amadou).

Visites non autorisées

Selon nos informations, les cinq activistes de la société civile ont cependant tous été  récemment conduits sous escorte à Niamey, afin d’y être entendus entre le 20 et 22 avril par Mamane Sayabou Issa, doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Niamey. Ils ont ensuite été reconduits sous escorte dans leurs différents lieux de détention, où les visites ne leur sont plus autorisées depuis le 20 mars.

Mamane Sayabou Issa était jusqu’au 12 mars procureur de la République adjoint et membre du pôle antiterroriste. En 2018, en tant que procureur adjoint, il avait déjà travaillé à une enquête dans une affaire impliquant l’activiste Moussa Tchangari pour « organisation et participation à une manifestation interdite » et « complicité de destruction de biens ».

Accusés, entre autres, d’homicide involontaire

Arrêtés à Niamey entre le 15 et le 17 mars 2020 puis inculpés le 19, Tchangari et consorts sont accusés d’avoir participé à l’organisation d’une manifestation illégale le 15 mars à Niamey. Chacun d’eux est également soupçonné de complicité de dommages à des biens publics et d’homicide involontaire – trois personnes étant décédées durant les événements.

La manifestation – qui avait été organisée pour exiger une enquête sur des suspicions de détournement de fonds au ministère de la Défense – avait été maintenue par les organisateurs malgré les mesures prises le 13 mars par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, qui interdisent les rassemblements de plus de 1000 personnes.

À ces cinq détenus s’ajoute Sani Chekaraou, président des commerçants grossistes de Niamey, incarcéré à Niamey et accusé de complicité de violence sur agent de la fonction publique.

Enfin, également défendu par Mouloul Boudal Effred, le docteur Mallah Tidjani est en détention depuis le 14 avril. Ce médecin, interrogé lors de son arrestation au sujet du partage sur WhatsApp d’un audio dans lequel il émettait des doutes sur la gestion de la pandémie de Covid-19 au Niger, n’a plus été entendu par les enquêteurs depuis le 16 avril.

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