Politique

Tunisie : les dix annonces à retenir du plan de déconfinement

| Par - correspondante à Tunis
Mis à jour le 29 avril 2020 à 19h02
Un garde de sécurité se tient à côté de femmes portant des masques, gardant des distances sociales et faisant du shopping pour le ramadan, à Tunis, le 23 avril.

Un garde de sécurité se tient à côté de femmes portant des masques, gardant des distances sociales et faisant du shopping pour le ramadan, à Tunis, le 23 avril. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Port du masque, restrictions des déplacements, reprise du travail… Le gouvernement tunisien a livré ce 29 avril le détail de son plan de déconfinement graduel et par étapes, qui doit entrer en vigueur ce 4 mai.

Le confinement général en place depuis le 22 mars sera-t-il bientôt un lointain souvenir ? Il serait prématuré de s’y engager. Le gouvernement promet néanmoins que les contraintes qui pèsent sur les Tunisiens seront allégées dans les semaines à venir.

À compter du lundi 4 mai est planifié un déconfinement graduel, par secteurs et par régions. « 70 % de la réussite du processus dépend de cette implication individuelle et collective », a souligné Lobna Jeribi, ministre des Grands projets, lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi avec son collègue de la Santé. La même a lancé un appel aux médias, à la société civile et aux collectivités locales pour que chacun se prête au jeu des mesures préventives.

Sur le terrain, un relâchement se faisait ressentir ces dernières semaines. Difficile de maintenir recluses des populations sans ressources. Certains citoyens ont préféré braver les interdits, non pour faire leurs emplettes de ramadan, mais pour survivre. Les annonces du jour d’un déconfinement prochain contribueront sans nul doute à faire diminuer la grogne sociale.

Pour trouver un équilibre entre les besoins socio-économiques et la préservation de la santé, le gouvernement a établi un dispositif en trois temps : la phase 1 court du 4 au 24 mai, du 24 mai au 4 juin pour la phase 2, et du 4 au 14 juin pour la troisième étape. Protection, prévention et anticipation sont les maîtres mots. Le gouvernement espère une remise en route totale du pays au 14 juin. Cette stratégie, assure Lobna Jeribi, est déployée après une consultation élargie de toutes les parties prenantes : institutions, syndicat, patronat et comité scientifique.

« On a gagné la première mi-temps, on doit désormais remporter le match », a lancé de son côté le ministre de la santé Abdellatif El Mekki, qui s’est longuement attardé sur les tests, leur utilité et le choix d’opérer par ciblage plutôt que de les généraliser. Il estime que le peu de cas constatés en Tunisie est dû à efficacité des équipes soignantes et la réactivité du gouvernement, qui a fermé les frontières dès le 18 mars. Le ministre prévient toutefois que le pays n’est pas à l’abri d’une réplique de la pandémie. Tour d’horizon des grandes annonces annoncées par le gouvernement en vue du déconfinement.

• Classes d’âge

Certaines catégories de population ne sont pas concernées par les allègements du 4 mai. Resteront en confinement lors de la première phase les personnes de plus de 65 ans, les personnes fragiles ou atteintes de pathologies lourdes, les enfants de moins de 15 ans et les femmes enceintes.

• Port du masque obligatoire

Le président tunisien Kaïs Saïed et le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, le 14 avril 2020.

Le président tunisien Kaïs Saïed et le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, le 14 avril 2020. © Présidence tunisienne

Les autres catégories de population sont astreintes à porter des masques dans les lieux publics et à leur lieu de travail en respectant la distanciation sociale. Et évidemment à veiller à garder les mains propres en toute circonstance, en utilisant du savon là où il y a un point d’eau, du gel hydroalcoolique à défaut. Les institutions et les entreprises s’engagent à effectuer une désinfection des locaux avant la reprise de l’activité.

• Rassemblements interdits

La première phase – du 4 au 24 mai – interdit tout rassemblement. Elle permet la reprise du travail pour 50 % de la fonction publique, de l’industrie, du secteur des services, du bâtiment et travaux publics (BTP), 50% des petits métiers et 100 % des professions libérales. Les commerces sont autorisés à lever le rideau, sauf ceux qui nécessitent un contact physique, comme les  salons de coiffure et d’esthétique. Le prêt-à-porter et les hypermarchés ne sont, eux, autorisés à rouvrir que le 11 mai. Une fois passé le 24 mai, les mosquées, cafés, et marchés hebdomadaires pourront reprendre. Ce n’est qu’au cours de cette deuxième que certains événements culturels reprendront.

• Engagement sur l’honneur

Durant la première phase de déconfinement, les petits métiers qui reprennent leurs activités devront établir auprès des commissariats ou municipalités, un engagement sur l’honneur portant sur le respect des mesures de prévention. Aussi, les municipalités font partie des premières administrations appelées à reprendre le travail, aux côtés de la justice et l’administration fiscale.

• Référents Covid-19

Le télétravail est privilégié. Un référent Covid-19 sera associé à chaque institution publique et entreprise. Ces dernières s’engagent également à désinfecter leurs locaux, assurer le transport des employés, respecter le cahier des charges pour le transport individuel et public, ainsi que le protocole de la médecine du travail qui sera mis à leur disposition. L’ensemble est mis sous tutelle du ministère des Affaires sociales.

• Restrictions des déplacements

Jusqu’au 24 mai, l’autorisation de circuler reste indispensable. Les conditions de son attribution sont assouplies. Durant cette période, il sera toujours interdit de circuler en dehors de la zone d’habitation pour ceux qui ne peuvent justifier de leur déplacement. Les contrevenants risquent un retrait de permis et de la carte grise.

Les taxis et les particuliers ne pourront transporter qu’un seul passager, assis à l’arrière. La reprise des transports en commun est conditionnée à un cahier de charges précis. Les opérateurs devront faire respecter le port des masques et les mesures de distanciation, en réduisant de 50 % leur capacité. La clôture de l’année scolaire, sauf pour le baccalauréat, aura son incidence sur le flux dans les transports.

• Reprise de 100% de l’activité le 14 juin

L’objectif est celui d’une reprise à 100% de l’activité économique à cette date. Au cours de sa conférence de presse, Lobna Jeribi a prévenu que cet horizon peut être amendé en fonction de l’évolution de la courbe épidémique, jour après jour. « Chaque étape sera évaluée, à la moindre alerte nous n’hésiterons pas à revenir au confinement », a précisé la ministre.

• Pas de reprise des cours, hors futurs bacheliers

À l’exception des futurs bacheliers, les élèves ne reprendront pas les cours, enchaînant donc vacances de printemps et celles d’été. Le 27 mai, les élèves de terminale rependront le chemin des lycées. Ils seront devancés, le 11 mai, par les étudiants en médecine, dentaire et pharmacie. Les autres cours à l’université reprennent le 1er juin. L’État garantit le logement et les repas aux étudiants non résidents dans la ville de leurs études.

• Examens maintenus

Le calendrier des examens nationaux est annoncé. Sauf surprise, ceux de 6ème année se tiendront le le 29 et 30 juin, ceux de 9ème année le 2 juillet. Ils porteront exclusivement sur le programme des deux premiers trimestres.

La première session du baccalauréat, qui écarte les matières facultatives,  se déroulera du 8 au 15 juillet et celle de contrôle du 27 au 30 juillet. Les concours d’entrée aux grandes écoles sont prévus en juillet. Le laps de temps est suffisant pour préparer l’orientation universitaire annoncée en septembre, et le démarrage de l’année universitaire 2020-2021 pour la première semaine d’octobre.

• Stocks stratégiques

Le gouvernement s’engage à fournir le marché de tout les équipements nécessaires – gel hydroalcoolique et masques notamment – et assure les circuits de distribution. Il escompte également préparer un stock stratégique en prévision d’une seconde vague de la pandémie.

Le protocole de dépistage maintient les tests ciblés soumis à l’évaluation des médecins et met en place quelques milliers de tests rapides utilisés notamment aux frontières terrestres. Ils seront aussi utiles aux populations les plus exposées, comme le corps médical, et permettront de faire davantage de contrôle dans les clusters. Des dispositifs électroniques sont envisagés pour détecter les cas positifs.

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