Politique

Cameroun : Paris agacé par la polémique visant son ambassadeur à Yaoundé

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
L’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, au Palais de l'Elysée, le 27 août 2019.

L’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, au Palais de l'Elysée, le 27 août 2019. © Xose Bouzas/Hans Lucas

Alors qu’une pétition lancée par des opposants proches du MRC de Maurice Kamto a demandé le « départ immédiat » de l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, Paris s’agace de l’ampleur que prend cette polémique. 

Le 27 avril, le Quai d’Orsay a voulu mettre définitivement un terme à la polémique suscitée par la rencontre très médiatisée, le 16 avril, à Yaoundé, entre l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, et le chef de l’État, Paul Biya.

« Notre ambassadeur a sollicité un entretien avec le président Biya sur instruction, afin d’assurer le suivi de l’entretien qui a eu lieu entre les deux présidents le 1er mars dernier, a réagi le porte-parole du Quai d’Orsay lors d’un point presse. Il a aussi porté sur les initiatives prises par la France en soutien des efforts africains dans la lutte contre le Covid-19. Il s’agit là d’un exercice courant et habituel de la vie diplomatique. »

Le 18 avril, des activistes camerounais proches du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), présidé par Maurice Kamto, étaient à l’initiative d’une pétition pour appeler au « départ immédiat » du diplomate français, en poste à Yaoundé depuis 2019.

« Agent de propagande »

Ce diplomate « s’est carrément substitué à la communication officielle du Cameroun pour devenir l’agent de propagande médiatique d’une prétendue apparition de M. Biya qui viendrait mettre fin aux rumeurs sur sa défaillance et la vacance de la fonction présidentielle au Cameroun », a écrit la plateforme des organisations de la société civile du Cameroun.

Au terme de son audience avec Biya, Christophe Guilhou a effectué une courte allocution, avant de donner une interview à la télévision nationale, dans laquelle il a déclaré trouver le président « toujours alerte. » Mais le climat était très tendu. En effet, le président camerounais n’avait plus été vu ni entendu depuis près de cinq semaines, et cette absence prolongée avait poussé le MRC à annoncer son intention d’entamer une procédure pour faire constater la vacance du pouvoir.

Cet entretien a alors alimenté les plus folles rumeurs, certains au MRC ayant été jusqu’à croire à un montage destiné à différer le début d’une éventuelle transition. « L’ambassadeur Christophe Guilhou ne s’est prêté à aucun jeu de dupes, s’agace-t-on à Paris. Le MRC pourrait mieux choisir ses combats. »

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