Hôtellerie

Coronavirus : le groupe hôtelier marocain Risma voit poindre le spectre des jours difficiles

Réservé aux abonnés | | Par - à Casablanca
Hôtel Sofitel de Marrakech (AccorHotel). Image d'illustration.

Hôtel Sofitel de Marrakech (AccorHotel). Image d'illustration. © Stephen J Mason Photography / CC BY-SA 2.0

Au Maroc, si le secteur du tourisme est particulièrement touché par la crise sanitaire, Risma en est l’un des exemples. Après avoir investi pendant de nombreuses années dans la rénovation de ses établissements, dont le Sofitel de Marrakech, l’hôtelier devrait plonger un peu plus dans le rouge durablement.

La Bourse de Casablanca, à l’image de l’économie du pays, a traversé une zone de turbulences ces dernières semaines, à cause de la crise sanitaire du coronavirus. Exemple des groupes qui connaissent des jours difficiles en bourse, la société Risma, dont le capital est détenu par l’assureur RMA (36,7 %) et par le groupe hôtelier Accor (33,4 %).

L’opérateur touristique qui gère une trentaine d’hôtels de la marque Accor, a vu sa cote chuter de plus de 50 %, passant de 165 dirhams (15,3 euros) au début du mois de mars à moins de 80 dirhams (7,4 euros) cette semaine. Les investisseurs ont sanctionné Risma, unique représentante des entreprises du secteur du tourisme sur la place marocaine, qui est très fortement affecté actuellement.

Risma vient pourtant de sortir d’une période trouble d’un point de vue financier. À fin 2019, le groupe a, en effet, affiché un RNPG bénéficiaire de 140 millions de dirhams (13 millions d’euros). Fait notable puisque le groupe, présidé par Amine Echcherki, a connu plus d’exercices déficitaires que bénéficiaires au cours de la dernière décennie. Mais l’avenir est incertain pour le moment.

Une donnée que le groupe a voulu partager avec ses investisseurs. « Le secteur de l’hôtellerie est fortement impacté au niveau mondial et national. Ainsi, le chiffre d’affaires de Risma connaîtra en 2020 une baisse significative », peut-on lire dans son dernier communiqué financier.

Une relance compromise

Cette « baisse significative » implique un coup d’arrêt pour les projets d’investissements et d’expansion du groupe hôtelier marocain. Il y a un an, Amine Echcherki affichait un large sourire lors de la présentation des résultats 2018. Le groupe prévoyait une enveloppe d’investissement de plus de 100 millions de dirhams pour l’exercice en cours, dont une grande partie allait être dédiée au Sofitel Marrakech, son porte-drapeau.


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Le spécialiste de la gestion hôtelière a lourdement investi, dans la rénovation notamment, au cours des deux dernières décennies. Un coup de jeune qui a coûté 4,9 milliards de dirhams et qui a été financé par recours à la dette bancaire et privée. Le passif de Risma s’est donc retrouvé alourdi et c’était difficile d’en sortir. Le ratio d’endettement frôlait 240 % en 2013, la dette était 2,4 fois plus importante que les fonds propres, avant de redescendre à 163 % avant 2015 et à 95 % à fin décembre 2019 où la dette avoisinait 1,5 milliard de dirhams.

La pente d’après-crise sera rude pour l’ensemble des hôteliers qui ont tous fermé leurs établissements depuis la mi-mars et leur survie dépendra de l’accompagnement des banques et se fera grâce à la dette. Pour beaucoup d’analystes, c’est un retour à la morosité pour Risma. Pour d’autres, le groupe réussira à relever la tête plus rapidement grâce à son large réseau, aux économies d’échelles qu’il pourra faire et aussi au marché de la dette.

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