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Jusqu’où ira le cours de l’or et comment les miniers africains vont-ils en profiter ?

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Mis à jour le 28 avril 2020 à 12h13
Une mine d'or (photo d'illustration).

Une mine d'or (photo d'illustration). © Olivier pour JA

Le cours de l’or est au plus haut depuis près de huit ans. Avec la crise liée à la pandémie de Covid-19, le métal jaune est considéré comme une valeur refuge, ce qui pousse les producteurs africains, qui avaient réduit leurs cadences, à augmenter progressivement leurs volumes, en dépit d’une logistique plus complexe et coûteuse.

C’est un grand classique pour les professionnels du monde des matières premières : quand survient une crise, c’est la ruée vers l’or. En ces temps épidémiques comme naguère où les économies mondiales sont à l’arrêt, le précieux métal garde son statut de valeur refuge.

Lundi 27 avril, l’once était cotée 1 718 dollars sur la place londonienne, soit son niveau le plus élevé depuis octobre 2012.

Vers 1 900 dollars l’once ?

Alors que certains enthousiastes évoquent des cours atteignant les 3 000 voire 4 000 dollars l’once, jusqu’où peut aller le prix du métal jaune ? Pour Anton Löf, analyste métaux précieux chez RMG Consulting, et bon connaisseur des filières aurifères africaines, la hausse des prix est liée avant tout à la conjoncture, et non pas au déséquilibre actuel entre l’offre et la demande, temporaire selon lui, qui est en train de se résorber.

Cet analyste suédois estime que le cours pourrait monter jusqu’au niveau de son précédent pic en 2011 – autour de 1 900 dollars l’once – avant de se stabiliser jusqu’au redémarrage des économies asiatiques et occidentales. « Dès que les marchés action repartiront à la hausse, l’or perdra de son attrait », estime-t-il, pronostiquant un pic au milieu du mois de mai.

avec ces cours élevés, des pays comme le Ghana, le Mali et le Burkina Faso, n’ont que légèrement réduit leurs cadences d’extraction

Certes, avec les mesures sanitaires mises en place, la production des mines d’or a diminué depuis mars, notamment avec la mise en œuvre d’un confinement strict en Afrique du Sud [second producteur du continent]. Mais, avec ces cours élevés, des pays comme le Ghana [devenu en 2018 le premier producteur africain], mais aussi le Mali et le Burkina Faso, n’ont que légèrement réduit leurs cadences d’extraction de leur premier produit à l’exportation.

Production d'or des pays africains

Production d'or des pays africains © Données 2018

Quant à la nation arc-en-ciel, après le premier confinement de trois semaines, elle a de nouveau autorisé mi-avril la plupart des miniers qui le souhaitaient – dont les trois géants locaux AngloGold Ashanti, Sibanye-Stillwater et Harmony Gold – à redémarrer leurs exploitations sud-africaines.

Des raffineries qui tournent à plein régime

De même, si la logistique pour évacuer le minerai a aussi été rendue difficile par l’épidémie, puisque la plupart des lignes passagers, sur lesquelles transitent généralement les cargaisons d’or, ont été suspendues, des solutions alternatives ont désormais été trouvées.

Les compagnies aurifères affrètent désormais des avions à leurs frais. « Cela leur coûte plus cher, mais la hausse des cours rend supportable cette charge supplémentaire », estime Anton Löf. Quant aux raffineries suisses Valcambi, Argor-Heraeus et PAMP– qui traitent la majorité de l’or ouest-africain pour le rendre pur à 99,9 % – ont redémarré leur activité après une interruption entre le 20 mars et le 6 avril.

Les raffineries d’Afrique du Sud, où est traité l’essentiel de l’or d’Afrique australe et de l’Est, n’ont elles jamais arrêté leur production.

« Et si la production a faibli ces deux derniers mois et redémarre progressivement, le marché est désormais aussi largement réapprovisionné par les ventes d’or issue de la joaillerie – vue comme une épargne dans des pays comme l’Inde et le Bangladesh – qui progressent en temps de crise. Et les banques, qui détiennent souvent des réserves d’or pourraient aussi à leur tour être tentées d’en vendre une partie pour profiter des cours élevés », analyse encore Anton Löf, pour qui ces mécanismes vont nécessairement rééquilibrer le marché.

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