Technologie

En Afrique, Amazon mise sur le cloud plutôt que le commerce en ligne

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Mis à jour le 27 avril 2020 à 19h10
Jeff Bezos, fondateur et patron d'Amazon au Club économique de Washington

Jeff Bezos, fondateur et patron d'Amazon au Club économique de Washington © Cliff Owen/AP/SIPA/2018

Le géant du e-commerce dont l’activité liée au stockage des données en ligne est la plus dynamique, vient de mettre en service plusieurs data centers en Afrique du Sud. Objectif, ne pas perdre du terrain dans un secteur de plus en plus mature.

Le site de e-commerce Amazon se porte définitivement bien en cette période de pandémie liée au coronavirus. Son fondateur, Jeff Bezos, s’est enrichi de 5,9 milliards de dollars depuis le début de l’année 2020 et la plateforme a annoncé vouloir recruter 100 000 personnes dans le monde cette année.

En Afrique, la branche la plus dynamique du groupe (+37 % de chiffre d’affaires en 2019), Amazon Web Services (AWS), spécialisée dans les services de stockage de données a annoncé en milieu de semaine dernière, la mise en service de plusieurs data centers en Afrique du Sud. Jusqu’ici, AWS ne disposait que de quelques serveurs dans des infrastructures ne lui appartenant pas.

Un internet plus local

Située au Cap, ce que AWS appelle une « région » se compose d’un ou plusieurs data centers ultra-sécurisés, autonomes sur le plan énergétique et connectés au réseau mondial. Les nouveaux data centers africains d’Amazon permettent donc aux développeurs, start-up et entreprises, ainsi qu’aux organismes gouvernementaux, éducatifs et à but non lucratif d’ »exécuter leurs applications et servir les utilisateurs finaux en Afrique avec une latence encore plus faible et tirer parti des technologies AWS avancées pour stimuler l’innovation », indique AWS dans un communiqué.

« Les clients locaux ayant des exigences en matière de résidence des données, et ceux qui cherchent à se conformer à la loi sur la protection des informations personnelles (POPIA), peuvent également désormais stocker leur contenu en Afrique du Sud avec l’assurance qu’ils conservent l’entière propriété de leurs données et que celles-ci ne seront pas déplacées à moins qu’ils ne choisissent de le faire », affirme pour sa part Werner Vogels, directeur technique et vice-président d’Amazon.

Quinze années de présence

Présent depuis 2004 au Cap, où elle dispose d’un centre d’excellence qui a permis de concevoir EC2, l’un de ses services phares d’hébergement de données, AWS dispose de plusieurs équipes composées de « directeurs de comptes, de représentants du service clientèle, des directeurs de partenaires, des architectes de solutions pour aider les clients de toutes tailles à passer au cloud », indique un porte-parole du groupe américain contacté par Jeune Afrique.

C’est à partir de 2015 qu’AWS intensifie sa présence en Afrique du Sud, d’abord en ouvrant un bureau à Johannesburg puis en lançant des points de présence (PoP) au Cap et à Johannesburg. Via un service baptisé Amazon CloudFront, ces PoP lui permettent de réduire la charge de stockage sur le serveur d’origine d’un client et d’accélérer les recherches sur ces derniers.

En 2020, AWS a également inauguré une infrastructure Amazon CloudFront Edge à Nairobi, au Kenya permettant aux clients de sauvegarder leurs données dans le pays et ainsi y accéder plus rapidement et à moindre coût. À la même période, le spécialiste du stockage de données a également noué un partenariat avec l’opérateur national de télécommunications Safaricom.

Si le groupe de l’homme le plus riche du monde a décidé d’accélérer son développement sur le cloud en Afrique c’est aussi parce qu’il ne souhaite pas que Microsoft, l’un de ses concurrents les plusieurs sérieux, ne finisse par lui damer le pion sur ce nouveau terrain de jeu.

La concurrence se développe

En effet, avec son service de cloud baptisé Azure, Microsoft collectionne les annonces sur le continent ces derniers mois. En novembre, l’entreprise créée par Bill Gates et dirigée aujourd’hui par Satya Nadella a conclu un partenariat de taille avec l’opérateur de réseaux zimbabwéen Liquid Telecom. Le contrat permet à l’américain de devenir le service de stockage de données d’entreprises par défaut de l’opérateur qui a câblé en fibre optique la quasi-totalité de l’Afrique de l’Est et se développe rapidement sur le marché des data centers via son spin-off Africa Data Centres.

Créé en 2018 et dirigé par le Français Stéphane Duproz, ce dernier est présent dans huit métropoles du continent (Le Cap, Mombasa, Lagos, Abidjan, Casablanca, Dakar, Harare et Kigali) et veut investir 500 millions de dollars sur le continent d’ici à 2021.

Du reste, l’activité e-commerce d’Amazon (280 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2019) demeure quasi absente du continent où Jumia reste tout puissant. Amazon est présent en Égypte depuis qu’il a racheté le site de e-commerce émirati souq.com en 2017 qu’il a transformé en Amazon.ae. Mais le développement de cette activité est davantage tourné vers le monde arabe.

L’Afrique n’est d’ailleurs pas une seule fois citée dans les résultats financiers d’Amazon publiés fin janvier 2020.

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