Justice

La procédure contre Guillaume Soro se poursuit malgré l’arrêt de la CADHP

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 28 avril 2020 à 11h37
Guillaume Soro a démissionné de l'Assemblée nationale le 8 février 2019.

Guillaume Soro a démissionné de l'Assemblée nationale le 8 février 2019. © Issam Zejly/TRUTHBIRD MEDIAS pour JA

Le procès contre Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, pour « recel de deniers publics et blanchiment de capitaux » s’ouvrira ce mardi 28 avril devant le tribunal correctionnel d’Abidjan, en l’absence du concerné et de ses avocats. Ces derniers dénoncent « une tentative d’exécution politique ».

« L’unique objectif de cette audience précipitée vise à rendre inéligible M. Soro, dans le cadre d’un jugement prévu à être rendu en catimini, en violation de toutes règles de droit et de procédure, sans qu’il ne soit tenu compte des exigences sanitaires », estime le collectif d’avocats de Guillaume Soro.

La justice ivoirienne a décidé de maintenir cette audience malgré la décision prise par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Dans un arrêt publié le 22 avril, elle ordonne à l’État ivoirien de « surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt émis contre Guillaume Kigbafori Soro ».

« C’est une position politique plus que juridique », estime un proche d’Alassane Ouattara. Selon nos informations, en plus de poursuivre les procédures contre Soro, l’État ivoirien pourrait se retirer du protocole de l’institution basée à Arusha en Tanzanie, comme l’a récemment fait le Bénin.

L’affaire de la villa de Marcory

L’audience de ce mardi concerne l’achat par l’ancien chef de la rébellion en 2008 d’une villa située dans le quartier de Marcory résidentiel pour un montant de 1,5 milliard de F CFA [environ 2,3 millions d’euros]. La justice l’accuse de l’avoir acquise grâce à des fonds provenant du Trésor public. Soro était alors Premier ministre.

Son entourage assure de son côté que cette opération a été effectuée dans le cadre d’un dédommagement accordé par le régime de Laurent Gbagbo à plusieurs personnalités après les accords de paix de Ouagadougou (2007).

L’instruction a été menée par un conseiller de la Cour cassation qui a rendu son ordonnance le 9 mars. Cité comme témoin par l’État dans ce dossier, Souleymane Kamaraté Koné – dit « Soul to Soul » – incarcéré depuis le 23 décembre, est appelé à comparaître ce mardi.

Mais « Soul to Soul » est également visé avec un autre proche de Soro, Mori Cissé, par une procédure propre pour des faits similaires. Cette instruction été menée par le doyen des juges d’instructions, qui a rendu son ordonnance le 18 mars. Un procès pourrait théoriquement se tenir dans les prochaines semaines.

Tentative de déstabilitation

Le troisième volet de « l’affaire Soro » concerne la tentative de déstabilitation et d’atteinte à l’autorité de l’État. Une vingtaine de suspects sont actuellement placées en détention préventive. Les 17 et 20 avril, 19 personnes – une majorité de militaires et quelques civils interpellés fin janvier et fin février – ont été présentés devant le doyen des juges d’instruction.

Deux ont été disculpés, sept ont été inculpés mais placés sous contrôle judiciaire et dix ont été inculpés et déférés à la Maison d’arrêt d’Abidjan (Maca). Parmi eux figure deux officiers supérieurs : un commandant de gendarmerie et un commandant de la Garde républicaine. Ils seront normalement entendus sur le fond dans les prochaines semaines.

Enfin, d’autres proches de Guillaume Soro, une quinzaine dont plusieurs députés, sont toujours détenus depuis le 23 décembre pour « troubles à l’ordre public », « diffusion de fausses nouvelles » et « tentative d’atteinte à l’autorité de l’État ». Dans son arrêt du 21 avril, la CADHP a demandé à ce que leur détention prenne fin.

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