Économie

Noix de cajou : « Une aubaine pour la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau »

Pierre Ricau est analyste de marché chez Rongead.

Mis à jour le 11 juin 2014 à 15:19

Pierre Ricau. DR

Alors que les récoltes de l’anacarde, communément appelée noix de cajou, tirent à leur fin (elles durent d’avril à juin), on s’attend à une bonne campagne 2014 pour les producteurs ouest-africains. Après un début d’année 2013 marqué par une baisse des cours en raison d’une demande faible, la noix de cajou brute commercialisée sur le marché de gré à gré a vu ses prix repartir à la hausse, pour se situer actuellement entre 900 et 1 100 dollars la tonne FOB (free on board) au niveau des ports africains.

Cette tendance, soutenue par la reprise de la consommation de cette matière première agricole aux États-Unis (+ 8 % sur un an) et en Europe (+ 3 %), offre donc un contexte favorable pour le développement de la filière chez les deux principaux producteurs ouest-africains que sont la Côte d’Ivoire (500 000 tonnes par an) et la Guinée-Bissau (150 000 t/an).

Producteurs

JA2786p067 info2Le premier, dont le verger est plus jeune, devrait voir sa production augmenter plus rapidement. Mais c’est le second, dont le produit est de meilleure qualité, qui pourrait tirer le plus grand profit de cette conjoncture favorable. Après le bon déroulement des récentes élections générales qui s’y sont tenues et les perspectives de stabilité politique et sécuritaire qu’elle retrouve, la Guinée-Bissau, dont 80 % de la population dépend de la noix cajou, pourrait attirer davantage d’investisseurs et accroître les revenus tirés de cette matière première qui est son principal produit d’exportation.

Le pays pourrait d’ailleurs créer davantage de valeur grâce à des projets de transformation locale si la stabilité politique redonne confiance aux investisseurs. Un domaine dans lequel il ne présente aujourd’hui aucune dynamique, alors que la Côte d’Ivoire, elle, transforme déjà sur place près de 10 % de sa production totale et a pour objectif de porter cette part à 30 % à moyen terme.