Justice

Au Sénégal, la nouvelle vie en semi-liberté du Tchadien Hissène Habré

L'ancien dictateur tchadien, Hissène Habré, à Dakar, le 3 juin 2015.

L'ancien dictateur tchadien, Hissène Habré, à Dakar, le 3 juin 2015. © SEYLLOU/AFP

Libéré le 6 avril dans le cadre des mesures liées à la pandémie de coronavirus, Hissène Habré purge actuellement sa peine à son domicile – ou plutôt à ses domiciles. Jeune Afrique fait le point sur la détention aménagée de l’ancien président tchadien.

Depuis le 6 avril, Hissène Habré, 77 ans, a retrouvé la jouissance d’une semi-liberté. Sous la surveillance de l’administration pénitentiaire, l’ancien président tchadien partage ses semaines entre ses deux domiciles dakarois : celui du quartier des Almadies et celui de Ouakam, où dans chacun d’eux réside l’une de ses deux épouses. 

Une autorisation de sortie de prison de soixante jours lui avait été accordée le 6 avril par Boubacar Ndiaye Fall, juge d’application des peines, à la suite d’une requête de son avocat Ibrahima Diawara le 26 mars. Après consultation du directeur de l’administration pénitentiaire, le 31 mars, le juge avait estimé recevables les inquiétudes de Me Diawara sur la santé de son client  – qui suivait un traitement médical en prison – depuis la propagation de la pandémie de coronavirus au Sénégal.

De la souplesse pour Habré

Selon le document du juge au tribunal de grande instance de Dakar, l’ancien chef d’État, condamné en 2017 à perpétuité pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, devait « jouir de sa permission de sortir dans sa résidence de Ouakam ». « À l’expiration de la permission, le détenu réintégrera l’établissement pénitentiaire du Cap Manuel immédiatement », ajoutait l’ordonnance, qui ne mentionnait aucunement les Almadies.

Mais l’administration pénitentiaire, chargée de l’application de cet aménagement provisoire de peine, en a légèrement assoupli les termes. Selon nos informations, Hissène Habré étant polygame, les autorités ont considéré qu’il disposait de deux domiciles, entre lesquels il aura donc droit, sous bonne garde, de partager ses soixante jours – sauf prolongation de ces dispositions en fonction de la situation sanitaire. Habré a également l’autorisation de se rendre chez son médecin, où il doit notamment suivre une rééducation après avoir subi une fracture.

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