Économie

Qui est Mitrelli, le discret groupe israélien qui pousse ses pions en Côte d’Ivoire ?

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Mis à jour le 16 septembre 2020 à 16:09

Signature du contrat pour les études et les travaux de réalisation de systèmes hydrauliques entre la Côte d’Ivoire et Owini, filiale du groupe Mitrelli , le 3 avril, à Abidjan. © Ministère de l’Hydraulique

Présent en Angola depuis les années 1980, le conglomérat privé israélien a récemment décroché un contrat de près de 150 millions d’euros en Côte d’Ivoire. Peu disert sur son business model, il nourrit de fortes ambitions en Afrique de l’Ouest.

C’est une première pour Mitrelli. Le 13 avril, le groupe israélien et sa filiale spécialisée dans l’eau, Owini, ont décroché un contrat de 98,3 milliards de F CFA (149 millions d’euros) avec le ministre ivoirien de l’Hydraulique, Laurent Tchagba. Organisée au siège du ministère avec des participants masqués pour cause de Covid-19, la cérémonie de signature a scellé un projet d’extension de l’alimentation en eau potable dans le pays. Ciblant l’approvisionnement de 95 sous-préfectures, le contrat « clé en main » comprend la construction de châteaux d’eau et de réseaux de distribution. Owini est accompagné par le cabinet Taylor Wessing, dont le département droit public et projets, à Paris, est dirigée par Sophie Pignon, une ancienne de Bird & Bird.

Le marché signé à la mi-avril illustre la volotaylnté du groupe de sortir de son terrain historique, l’Angola, pour se développer en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, où il a ouvert un bureau en juin 2019, un an après la création, en avril 2018, de Mitrelli Côte d’Ivoire.

Un contrat à l’origine d’un contentieux en Israël

Salué à Abidjan, le nouveau contrat est pourtant à l’origine d’un contentieux en Israël. L’homme d’affaires franco-israélien Hubert Haddad, réputé pour ses connexions dans les milieux dirigeants, notamment au sein de l’exécutif ivoirien, a assigné devant un tribunal de Tel-Aviv les deux fondateurs de Mitrelli : Haim Taib, aux commandes du groupe, et Eytan Stibbe, cocréateur et aujourd’hui patron du fonds d’investissement Vital Capital. Ce dernier, après la publication de cet article et par le biais d’un cabinet d’avocats, a indiqué à Jeune Afrique être sorti du capital de Mitrelli début 2019.