Politique

[Tribune] Malgré le Covid-19, la Minusca reste mobilisée aux côtés du peuple centrafricain

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Par  Mankeur Ndiaye

Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique

Des soldats centrafricains déployés à Birao suite aux récents affrontements dans cette région du nord-est du pays, sont soumis aux protocoles de l'OMS pour empêcher la propagation du coronavirus en collaboration avec l’équipe médicale du contingent zambien de la Minusca, le 14 avril 2020.

Des soldats centrafricains déployés à Birao suite aux récents affrontements dans cette région du nord-est du pays, sont soumis aux protocoles de l'OMS pour empêcher la propagation du coronavirus en collaboration avec l’équipe médicale du contingent zambien de la Minusca, le 14 avril 2020. © Photo : Minusca

Protection des populations civiles, acheminement de l’aide humanitaire, soutien à la mise en œuvre de l’accord de paix du 6 février 2019… En pleine crise sanitaire, la Minusca poursuit ses missions. Et veille notamment à l’organisation d’élections générales transparentes et pacifiques, assure Mankeur Ndiaye, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique.

L’année 2020 sera une étape charnière pour la Centrafrique, ne serait-ce que parce que des élections générales doivent avoir lieu en fin d’année. La Minusca, conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité de l’ONU, s’est engagée aux côtés du gouvernement dans la préparation de ces scrutins.

Aussi ai-je entamé un dialogue constructif avec les autorités et les principaux acteurs politiques de ce pays pour que le processus électoral soit transparent, inclusif et pacifique.

La Minusca va également continuer à mobiliser les partenaires de la Centrafrique pour que les délais constitutionnels soient respectés.

Cela étant, la pandémie du Covid-19 s’est invitée dans l’agenda, s’ajoutant aux nombreux défis à relever, à commencer par l’arrêt des violences et des exactions sur les populations civiles ayant créé des milliers de déplacés et de réfugiés. En coordination avec le siège de l’ONU, à New York, la Minusca a donc dû réajuster son plan de contingence afin de s’adapter à ce contexte de crise sanitaire, tout en poursuivant l’exécution de son mandat.

Mankeur Ndiaye, ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, ici le 18 octobre 2016.

Mankeur Ndiaye, ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, ici le 18 octobre 2016. © Youri Lenquette pour JA

Nous avons pris toutes les mesures pour garantir la continuité des missions qui nous ont été confiées : la protection des populations civiles, l’acheminement de l’aide humanitaire, le soutien à la mise en œuvre de l’accord de paix signé par le gouvernement et quatorze groupes armés le 6 février 2019.

Endiguer la propagation du virus

Nous avons ainsi décidé de rationaliser notre présence à Bangui et dans les préfectures en essayant de libérer, autant que faire se peut, une partie du personnel, en recourant au télétravail et en suspendant momentanément la rotation des contingents militaires et des unités de police pour endiguer les risques de propagation du coronavirus. Il convient de rappeler que la Minusca compte plus de 11 000 militaires et quelque 2 000 policiers.

Dans sa déclaration du 8 avril, le secrétaire général des Nations unies a souligné que, face à l’un des défis les plus dangereux auxquels notre génération a été confrontée, « le temps est maintenant à l’unité, la communauté internationale devant travailler ensemble dans la solidarité pour stopper ce virus et ses conséquences dévastatrices ».

Cette solidarité se traduit ici par un engagement total de la Minusca et de tout le système des Nations unies aux côtés du peuple centrafricain, en appui au plan national de réponse à la pandémie adopté par le gouvernement.

Eau, hygiène et quarantaine

Nos actions multiformes portent d’abord sur le renforcement des capacités de contrôle à l’aéroport international de Bangui-Mpoko, sur l’amélioration de l’accès à l’eau pour la population, la dotation en produits d’hygiène, l’aménagement de centres de quarantaine, le transport et l’appui à la campagne d’information sur le Covid-19.

En coopération avec les forces de défense et de sécurité, nous soutenons également le gouvernement centrafricain dans la surveillance des mesures édictées pour empêcher la propagation de la pandémie.

Dans le même esprit, nous aidons le gouvernement, via nos onze bureaux de terrain et grâce à nos moyens de télécommunications, à mobiliser tous les préfets et les médecins-chefs pour la mise en œuvre, au niveau local, du plan de lutte contre la pandémie, dans un contexte de restauration graduelle de l’autorité de l’État et de redéploiement des forces de défense et de sécurité à l’intérieur du pays.

Appel au respect d’un « cessez-le-feu mondial »

Le combat contre le Covid-19 doit concerner toutes les composantes de la société centrafricaine, y compris les leaders des groupes armés. D’où mon appel au respect d’un « cessez-le-feu mondial », tel que proposé par António Guterres le 23 mars.

J’ai personnellement invité les groupes armés à cesser les violences, à adhérer au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, à créer un environnement favorable au retour des réfugiés et des déplacés et à l’acheminement de l’aide médicale et humanitaire. Je me réjouis que certains groupes armés, et pas des moindres, aient répondu positivement – et par écrit – à cet appel.

Je suis également en contact avec les acteurs politiques, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, ainsi qu’avec les représentants des autorités religieuses et de la société civile. Je salue en particulier l’engagement de ces derniers au service de notre combat commun contre le coronavirus.

Nous resterons mobilisés le temps qu’il le faudra pour vaincre la pandémie, et préparerons aussi l’après. Et puisque la solution à cette crise ne se fera pas sans les Centrafricains, je continuerai à travailler avec eux en faveur de la réconciliation nationale et de la paix.

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