Diplomatie

Libye : ONU cherche médiateur désespérément

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 21 avril 2020 à 16h13
Ghassan Salamé, l’ancien envoyé spécial de l’ONU en Libye, à Tunis, le 28 décembre 2018.

Ghassan Salamé, l’ancien envoyé spécial de l’ONU en Libye, à Tunis, le 28 décembre 2018. © HAMMI/SIPA

Alors que sa nomination comme représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Libye était sur le point d’être bouclée, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a définitivement renoncé au poste.

Choix personnel du secrétaire général de l’ONU António Guterres, l’option Lamamra avait été validée par l’Union africaine (UA), notamment à l’occasion de la réunion des instances onusiennes et panafricaines, à la mi-mars à Oyo (Congo-Brazzaville). Ramtane Lamamra est déjà le haut représentant de l’UA pour « faire taire les armes ». Selon nos informations, l’Élysée avait aussi accordé son appui à la candidature de l’Algérien, qui entretient de bonnes relations avec le président français Emmanuel Macron.

Opposition de plusieurs États

Pourtant, le 16 avril, Lamamra a écrit dans une lettre à la presse algérienne publiée par l’agence officielle algérienne APS : « Je compte, au cours d’un entretien téléphonique dans les prochaines heures avec le secrétaire général des Nations unies, réitérer mes remerciements à M. Guterres pour le choix qu’il a porté sur ma personne et lui exprimer mon regret de devoir lui notifier le retrait de mon acceptation de principe de sa proposition que je lui avais donnée le 7 mars dernier. »

En cause : l’opposition de plusieurs États, dont le Maroc, l’Égypte et les Émirats arabes unis, qui se sont employés à bloquer sa candidature, notamment auprès des Américains. Les réserves émises portent en particulier sur la nationalité de l’intéressé, car il n’est pas dans les usages onusiens qu’un médiateur soit originaire d’un État frontalier du pays en crise. Vue de Rabat, la nomination de l’ex-ministre aurait ainsi essentiellement servi l’agenda d’Alger.

Quant à l’Égypte, l’un des principaux soutiens, avec les Émirats arabes unis, de Khalifa Haftar, elle ne voit pas d’un bon œil l’activisme diplomatique algérien sur le dossier libyen depuis l’élection d’Abdelmadjid Tebboune. Si Alger a depuis renoué contact avec le clan Haftar, elle a par le passé entretenu des relations tendues avec le chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL).

Pressions

António Guterres est aujourd’hui à la recherche de nouveaux noms susceptibles de remplacer Ghassan Salamé, qui a démissionné début mars. Maintes fois évoquée, une candidature d’Ismail Ould Cheikh Ahmed est à écarter, le ministre mauritanien des Affaires étrangères souhaitant se consacrer à son pays. En coulisses, Le Caire et Abou Dhabi font pression pour la nomination d’un Jordanien, dont le nom n’a pas filtré.

Parmi les autres possibilités : Ali Al Zaatari, l’ancien représentant spécial adjoint de l’ONU pour la Libye entre 2015 et 2016, ou encore l’ex-ministre jordanien des Affaires étrangères Abdelilah al-Khatib, qui avait déjà brièvement occupé le poste en 2011.

En attendant un consensus sur l’identité du futur médiateur, c’est l’Américaine Stephanie Williams qui assure l’intérim.

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