Justice

Les réseaux africains d’Éric Dupond-Moretti, le nouveau ministre français de la Justice

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 07 juillet 2020 à 16h01
L’avocat français Eric Dupond-Moretti, aux côtés de l’opposant congolais Moïse Katumbi, à la sortie du Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, en 2017 à Genève.

L’avocat français Eric Dupond-Moretti, aux côtés de l’opposant congolais Moïse Katumbi, à la sortie du Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, en 2017 à Genève. © Fabrice COFFRINI/AFP

Nommé ministre de la Justice d’Emmanuel Macron, Éric Dupond-Moretti avait fait de l’Afrique francophone une cible prioritaire dans le développement de son cabinet. Le ténor français des barreaux est présent au Maroc, en RDC, au Gabon ou encore au Cameroun.

Le cabinet d’avocats français Dupond-Moretti & Vey profite de la notoriété d’Éric Dupond-Moretti pour se développer en Afrique francophone. Avec son associé Antoine Vey, le ténor des barreaux est d’ailleurs déjà bien présent sur le continent, que ce soit au Maghreb ou en Afrique subsaharienne.

Il travaille au Maroc, en particulier pour le compte de l’État et du Palais. Dupond-Moretti défend notamment les intérêts du royaume dans l’affaire qui l’oppose aux journalistes français Catherine Graciet et Éric Laurent, mis en examen en 2015 pour des soupçons de chantage et d’extorsion de fonds à l’encontre du Palais. Dans ce dossier, l’information judiciaire devrait s’achever en juin.

Basé à Paris, le cabinet est également présent en Algérie. Selon nos informations, il y a été engagé par plusieurs personnalités mises en cause depuis la chute de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et dont les procès doivent s’ouvrir prochainement.

Présent dans les deux Congo

En Afrique subsaharienne, Dupond-Moretti est depuis 2016 l’avocat de Moïse Katumbi – il conseille l’opposant congolais (RDC) notamment dans les recours devant les juridictions internationales, comme le comité des droits de l’homme de l’ONU où il a obtenu la demande de protection de son client par l’État congolais. Il a été présenté à l’ancien gouverneur du Katanga par François Hurstel, qui dirige l’agence de relations publiques Concerto.

L’avocat a également été engagé à plusieurs reprises de l’autre côté du fleuve, par l’État du Congo-Brazzaville. Son cabinet y a mené plusieurs activités de conseil sur la structure juridique du pays, impliqué dans des affaires internationales avec le FMI ou la société de construction Commisimpex. Dupond-Moretti a en revanche refusé de représenter l’État congolais dans le procès du général Jean-Marie Michel Mokoko – condamné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État » en mai 2018.

Kamto, Ajavon et Guelleh

Plus au nord, Dupond-Moretti & Vey défend toujours les intérêts de l’opposant camerounais Maurice Kamto – emprisonné en 2019 et libéré depuis –, lequel a déposé des plaintes pour détention arbitraire devant plusieurs instances internationales.

Au Gabon, il représente également Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, l’ancien porte-parole de la présidence, incarcéré depuis décembre dernier dans le cadre de l’opération anticorruption Scorpion. Il avait failli travailler pour Ali Bongo Ondimba en 2012, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis ».

Au Bénin, Dupond-Moretti a aussi été engagé par Sébastien Ajavon, l’homme d’affaires et opposant au président Patrice Talon, accusé de trafic de drogue depuis 2016 et réfugié en France.

Enfin, à Djibouti, le cabinet défend les intérêts de l’État, mis en cause par l’association française Sherpa dans une plainte (déposée en 2018) pour « biens mal acquis » visant l’entourage du président Ismaïl Omar Guelleh.

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