Pétrole & Gaz

Les producteurs de pétrole dans l’attente d’un accord

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Mis à jour le 10 avril 2020 à 17h25
Unité de production dans le delta du Niger, au Nigeria

Unité de production dans le delta du Niger, au Nigeria © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le monde pétrolier retient toujours son souffle, ce 10 avril au soir, en attendant la confirmation et la déclinaison par pays d’un accord de réduction de la production mondiale d’or noir. Une mesure qui pourrait ne pas suffire à faire repartir les cours du Brent.

Certes, au petit matin, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) – dont sept pays africains – la Russie, et une vingtaine d’autres États non membres – dont l’Égypte -, se sont accordés sur une coupe de dix millions de barils par jour – soit 10 % de la production mondiale – au terme d’une visioconférence marathon de quasiment vingt-quatre heures.

Le Mexique en trouble-fête

Mais les discussions se sont poursuivies encore plus tard dans la journée, notamment avec les États nord-américains. Tout d’abord avec Mexico : l’accord de baisse de production – dont la part la plus importante serait supportée par l’Arabie Saoudite et la Russie – est suspendu à sa ratification par le Mexique, qui rechigne à valider une diminution de sa production qu’il juge disproportionnée, à quelque 400 000 barils par jour.

Par ailleurs, une autre réunion en ligne des ministres du Pétrole, du G20 celle-là, était organisée à la suite de celle de l’Opep, de la Russie et de leurs alliés. Il s’agit cette fois de se concerter aussi avec le Canada et les États-Unis, alors Washington est devenu en 2018 le premier producteur mondial du fait de la croissance de sa production de pétrole et de gaz non conventionnels.

Il y a un mois, les désaccords entre l’Arabie Saoudite et la Russie avaient fait capoter un accord de baisse de la production, ce qui avait déclenché une guerre des prix lancée par Riyad, qui avait augmenté ses volumes et accéléré la chute des cours du brut. Un mois plus tard, les deux géants pétroliers – respectivement deuxième et troisième producteurs mondiaux – semblent être revenus à de meilleures considération, et prêts à soutenir les cours. Ils sont soutenus par les petits producteurs américains qui risquent de mettre la clef sous la porte si les cours restent aussi bas.

Un accord trop tardif

Si cette fois-ci un accord est enfin signé, du fait d’un alignement des différents intérêts des pays producteurs, cette baisse potentielle de dix millions de barils par jour ne séduit pour autant pas les marchés. Pour la plupart des analystes, elle intervient trop tard, alors que la demande mondiale a complètement fondu – notamment avec les confinement européens et américains – , et ce alors que les capacités de stockage des hydrocarbures arrivent bientôt à saturation. Ce 10 avril en fin de journée, malgré l’annonce d’un accord imminent, le baril de Brent perdait plus de 5 % sur la journée de cotation.

Pour les pays africains membres de l’Opep – l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, la Libye, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon –, il n’y a donc pas grand-chose à espérer avant plusieurs mois, que ce soit du côté des cours – pas prêts de se redresser – que des volumes – contraints par les accords de baisse de production.

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