Politique économique

Brazzaville parvient à un compromis avec Orion, l’un de ses créanciers

| Par - à Yaoundé
Mis à jour le 10 avril 2020 à 22h32
Vue aérienne de Brazzaville.

Vue aérienne de Brazzaville. © Jomako/CC BY-SA 3.0

Le Premier ministre congolais, Clément Mouamba, vient de signer un protocole d’accord avec le trader Orion. Cette convention prévoit une décote de 30 % de sa dette et un différé de remboursement de quatre mois.

Après la conclusion, le 7 avril, d’un accord avec le trader Orion, dirigé par l’homme d’affaires Lucien Ebata, le Premier ministre congolais, Clément Mouamba, peut souffler.

Il faut dire que cet accord est le fruit de négociations entre les parties, qui se sont intensifiées en octobre et novembre derniers. Le FMI, qui a conclu en juillet une Facilité élargie de crédit (FEC) de 448,6 millions de dollars avec la République du Congo, pressait le gouvernement à trouver un terrain d’entente avec ses créanciers avant la fin du premier trimestre de 2020. Laquelle restructuration rendrait sa dette viable.

Au titre de la convention conclue cette semaine, Brazzaville bénéficiera d’un différé de quatre mois sur le remboursement de sa dette commerciale vis-à-vis du trader, qui débutera en octobre. En outre, une décote de 30 % sera appliquée ces créances qui s’élevaient en septembre à 161 milliards de F CFA ( 268 millions de dollars ).

Soulager les finances publiques

Le Congo est également en pourparlers avec deux autres traders, Glencore et Trafigura, avec lesquels il espère obtenir des concessions dans les prochaines semaines, dans le cadre de la restructuration de sa dette commerciale. Ses créances liées aux achats anticipés de pétrole par les trois négociants représentaient 1 484 milliards de F CFA (2,46 milliards de dollars) en 2016, soit 29,4 % de son PIB. Elles s’élevaient à 1 184 milliards de F CFA (1,9 milliard de dollars) en septembre 2019, ramenées à 18,1 % de la richesse nationale.

La crise économique consécutive à la chute de cours du baril, en 2014, avait contraint Brazzaville à ne plus honorer les échéances de remboursement de sa dette. Conséquence, sa dette publique avait atteint 117,5 % du PIB en 2017, dont 80 % pour la seule dette extérieure.

Ses créances liées aux achats anticipées de pétrole par Trafigura, Glencore et Orion représentaient 1 484 milliards de F CFA (2,46 milliards de dollars) en 2016, soit 29,4 % de son PIB. Elles s’élevaient à 1 184 milliards de F Cfa (1,9 milliard de dollars) en septembre 2019, ramenées à 18,1 % de la richesse nationale.

Avant les négociants pétroliers, le gouvernement congolais avait négocié un rééchelonnement de sa dette à l’égard de la China Machinery Engineering Corporation (CMEC) en février 2019, suivi d’un accord avec Pekin en avril, obtenant en tout un allègement de pratiquement 370 millions de dollars jusqu’en 2022.

La dette congolaise vis-à-vis de la Chine est passée de 2,4 milliards de dollars en 2016 (29,6 % du PIB) à 2,2 milliards de dollars (1 387 milliards de F Cfa, 20,4 % du PIB) en septembre dernier.

L’or noir, dont le Congo est le cinquième producteur africain, contribue à 55 % à son PIB, et constitue 85 % de ses exportations et 80% de son budget. Il devait initialement connaître une croissance de 4,6 % du PIB cette année, contre 2,2 % en 2019. Avec la crise économique liée au choc sanitaire du coronavirus, la Commission économique pour l’Afrique prédit une chute de plus de 13 % de son PIB.

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