Télécoms

Après leur rachat de M-Pesa, quelle stratégie pour les partenaires Vodacom et Safaricom ?

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Des clients attendent devant un comptoir M-Pesa à Nairobi, en août 2011.

Des clients attendent devant un comptoir M-Pesa à Nairobi, en août 2011. © Sayyid Abdul Azim/AP/SIPA

Les deux filiales du britannique Vodafone viennent de finaliser le rachat du service de mobile money M-Pesa, via une coentreprise. Ils disposent désormais de toute latitude pour le développer et l’introduire sur de nouveaux marchés.

La collaboration entre Vodacom et Safaricom est de plus en plus étroite. Après s’être ensemble porté candidat à l’une des futures licences d’opérateurs télécoms en Éthiopie, la filiale panafricaine du britannique Vodafone et l’opérateur kényan dont Vodacom est le principal actionnaire viennent d’annoncer la finalisation du rachat des droits d’exploitation de M-Pesa via la création d’une coentreprise.

Le coût de l’opération est estimé à 1,4 milliard de shillings kényans, soit plus de 12 millions d’euros.

Une gouvernance égalitaire

L’annonce qui permet aux deux partenaires de détenir le contrôle total de la marque M-Pesa, mais aussi du développement de nouveaux produits et des services d’assistances met un terme au contrat de licence que Vodafone Sales and Services Limited (VSSL) possède depuis le 1er avril 2017 sur la solution M-Pesa et qui contraint Safaricom à verser chaque trimestre, 2 % des recettes de transactions générées par M-Pesa et Vodacom à verser 5 % de ses revenus pour frais de propriété intellectuelle.

« L’entreprise commune M-Pesa sera pilotée par un conseil d’administration où le groupe Vodacom et Safaricom seront représentés à égalité, précise à Jeune Afrique, un porte-parole de Vodacom. « Une équipe commune sera également nommée prochainement pour la gestion de l’entreprise », poursuit-il.

Aller plus vite

Sur le terrain, rien ne change pour M-Pesa qui revendique 37 millions d’utilisateurs actifs dont 22,6 millions d’utilisateurs rien qu’au Kenya en 2019.

Nous espérons que ce contrôle accru de la marque et de la plateforme permettra de livrer plus rapidement la plateforme M-Pesa de prochaine génération

Le service qui a réalisé un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros au cours de l’exercice 2019 (+19 %  par rapport à 2018) et représente 31 % des revenus de Safaricom poursuit ses activités dans l’ensemble des sept marchés où il est présent (Égypte, Ghana, Kenya, Lesotho, Mozambique et République démocratique du Congo, Tanzanie).

« Toutefois, à l’avenir, celles-ci seront soutenues par la coentreprise plutôt que par le groupe Vodafone pour le développement des produits et le soutien opérationnel. Nous espérons que ce contrôle accru de la marque et de la plateforme permettra de livrer plus rapidement la plateforme M-Pesa de prochaine génération », indique Vodacom.

Vodafone nourrit effectivement de grandes ambitions pour sa pépite. Conscient d’une pénétration croissante de la téléphonie mobile et de l’usage du mobile money en Afrique, l’opérateur dirigé par Nick Read et dont Shameel Joosub, directeur général de Vodacom pilote les activités pour le continent, souhaiterait le déployer dans d’autres marchés et en faire une plateforme sophistiquée mêlant divers services de paiement et de commerce électronique.

Pour ce faire, l’entreprise, dont le réseau de 156 000 agents au Kenya est 61 fois supérieur au nombre de guichets automatiques, élargit ses partenariats avec d’autres services de paiement électronique comme l’américain PayPal et le chinois AliPay mais également avec des plateformes d’applications comme Google Play Store ou des acteurs traditionnels du transfert de devises comme Western Union.

Elle conçoit également de nouveau produits en proposant des services de crédits, de découvert bancaire et d’épargne, d’achat de tickets de bus, du paiement marchand ou encore de l’investissement financier.

L’Éthiopie dans le viseur

La prise de contrôle de M-Pesa par le duo Vodacom-Safaricom intervient alors que Peter Ndegwa, nouveau directeur général de Safaricom a officiellement pris ses fonctions mercredi 1er avril, en pleine crise liée à la pandémie de coronavirus, qui contraint les collaborateurs à travailler à distance. Il reporte directement à Shameel Joosub qui siège désormais au comité exécutif mondial à Londres.

Cet expert-comptable issu de l’industrie des boissons alcoolisées aura notamment parmi ses priorités de superviser l’introduction du duo Vodacom-Safaricom en Éthiopie. Le 2 avril, la banque nationale du pays a annoncé qu’elle allait octroyer des licences pour des acteurs étrangers du mobile money. Avec M-Pesa dans ses bagages, Safaricom devrait en profiter pour mettre un premier pied dans ce marché de 100 millions d’habitants.

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