Politique

Qui ouvre les portes de l’Afrique à Jack Ma ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 08 avril 2020 à 15h57
Jack Ma, fondateur du groupe Alibaba, et Abiy Ahmed, e Premier ministre éthiopien, le 25 novembre 2019 à Addis-Abeba.

Jack Ma, fondateur du groupe Alibaba, et Abiy Ahmed, e Premier ministre éthiopien, le 25 novembre 2019 à Addis-Abeba. © AP/Sipa

Depuis qu’il a fait don de millions de masques et de matériel médical en mars, le milliardaire Jack Ma, 17e fortune mondiale, selon le magazine américain Forbes (40,9 milliards de dollars), est devenu le visage de l’aide chinoise en Afrique. Mais le patron d’Alibaba n’a pas attendu la pandémie de coronavirus pour s’intéresser au continent. 

Depuis sa première visite au Rwanda et au Kenya, en 2017, Jack Ma travaille à la mise en place d’un écosystème numérique capable d’offrir, dans plusieurs années, un environnement propice au développement de son groupe Alibaba.

Désormais dégagé de toutes fonctions exécutives au sein du groupe de e-commerce qu’il a créé, il se consacre à ses fondations, Jack Ma et Alibaba. Il a annoncé vouloir allouer 100 millions de dollars sur dix ans en subventions et programmes de formation pour soutenir l’écosystème entrepreneurial africain.

Son implication personnelle est très appréciée et lui permet d’avoir ses entrées chez certains chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels le Rwandais Paul Kagame, l’Éthiopien Abiy Ahmed, le Kényan Uhuru Kenyatta et le Ghanéen Nana Akufo-Addo. Mais sur qui s’appuie-t-il pour accéder aux palais présidentiels ?

Jason Pau 

Jason Pau.

Jason Pau. © DR

Basé à Hangzhou, ce diplômé des universités de Georgetown et de Californie-Irvine, aux États-Unis, a été recruté par Jack Ma en 2015 pour gérer ses relations internationales.

Il a auparavant travaillé pour le chef de cabinet du département du Trésor américain et développé des activités de consultant spécialisé dans les affaires sino-américaines.

En septembre 2019, il a représenté le groupe lors du Forum économique mondial sur l’Afrique, organisé au Cap, en Afrique du Sud. Jack Ma l’envoie souvent nouer les premiers contacts avec les VIP africains.

Brian Wong

Brian Wong, vice-président d'Alibaba.

Brian Wong, vice-président d'Alibaba. © DR

Aujourd’hui vice-président d’Alibaba, il est devenu, en 1999, le 52e employé d’un groupe qui en compte aujourd’hui plus de 100 000 et fut également l’assistant personnel de Jack Ma.

Il est désormais chargé, entre autres, du programme d’études internationales  « eFounders Fellowship », lancé en 2017 en Afrique en partenariat avec la Cnuced. Grâce à cette initiative, plusieurs dizaines de startupers sont allés s’imprégner de la culture du groupe chinois, à Hangzhou, où se trouve son siège social.

Alibaba a annoncé que la prochaine session de deux semaines, prévue en juin pour 40 candidats en provenance d’Afrique de l’Est et d’Afrique du Sud, serait décalée en raison du coronavirus.

Mukhisa Kituyi

Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), à Shanghai, en novembre 2018.

Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD), à Shanghai, en novembre 2018. © Li Xin/XINHUA-REA

Ancien ministre kényan du Commerce et de l’Industrie, il a noué des liens avec Jack Ma lors de leurs participations successives au Forum économique mondial de Davos.

Secrétaire général de la Cnuced depuis 2013, il a proposé en 2016 à Jack Ma de devenir conseiller spécial pour l’entrepreneuriat des jeunes et les petites entreprises.

L’année suivante, il a organisé sa première venue en Afrique – au Kenya et au Rwanda. « Je n’ai pas amené Jack Ma en Afrique pour rendre Alibaba plus riche, mais pour qu’il inspire les Africains afin qu’ils créent leur propre Alibaba », s’est-il justifié.

Strive Masiyiwa 

Strive Masiyiwa, qui dirige Econet Wireless Global, à New York en septembre 2018.

Strive Masiyiwa, qui dirige Econet Wireless Global, à New York en septembre 2018. © Riccardo Savi/Getty Images for Concordia Summit

Comme Jack Ma, le président du groupe Econet est un fervent défenseur de l’entrepreneuriat comme moteur de la transformation des économies. Dans les années 1990, ce Zimbabwéen a réussi à briser le monopole de l’État dans le secteur des télécoms. L’homme d’affaires a aussi fondé Liquid Telecom, premier opérateur privé de fibre optique du continent.

Il est, avec la Nigériane Ibukun Awosika, présidente de First Bank of Nigeria, l’un des principaux relais du magnat chinois parmi les élites économiques africaines. Tous deux ont été membres du jury de la première édition du prix de l’Africa’s Business Heroes, organisé par l’Africa Netpreneur Prize Initiative (ANPI) de la fondation Jack Ma, à Accra, en novembre 2019.

En 2020, le milliardaire chinois a fait passer de 1 à 1,5 million de dollars le montant total distribué aux dix entrepreneurs récompensés.

Clare Akamanzi

Clare Akamanzi, à la tête du Rwanda Development Board, à Montreal, au Quebec en juin 2018

Clare Akamanzi, à la tête du Rwanda Development Board, à Montreal, au Quebec en juin 2018 © Christinne Muschi/Bloomberg via Getty Images

Ancienne membre du cabinet du président rwandais Paul Kagame – elle a été membre de la puissante Strategy and Policy Unit (SPU) de la présidence entre 2016 et 2017 –, cette diplômée de Harvard est directrice générale du Rwanda Development Board (RDB), bras armé du gouvernement pour attirer les investissements étrangers.

C’est elle qui a été chargée d’accueillir Jack Ma lors de sa première visite dans son pays, en 2017. L’année précédente, elle avait été très impressionnée par l’intervention du milliardaire chinois lors du forum de Davos.

Graça Machel 

Graca Machel, veuve de Nelson Mandela, en juin 2019 à Johannesburg, lors d’une rencontre avec le prince Harry et son épouse Meghan.

Graca Machel, veuve de Nelson Mandela, en juin 2019 à Johannesburg, lors d’une rencontre avec le prince Harry et son épouse Meghan. © Dutch Press Photo/Cover Images/Sipa

Ancienne première dame du Mozambique et d’Afrique du Sud, cette avocate des droits des femmes et des enfants apporte sa caution morale à l’entrepreneur chinois en siégeant au Conseil consultatif de l’Africa Netpreneur Prize Initiative aux côtés de Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations unies.

Ce dernier, également grand connaisseur du continent, avait fait le déplacement à Accra pour la première édition de la remise des prix Africa’s Business Heroes. Le 16 novembre 2019, les deux hommes s’étaient d’ailleurs entretenus, séparément, avec le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

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