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Cet article est issu du dossier «Identité et sécurité numériques : l'Afrique sur la bonne voie ?»

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Coronavirus : la Défense marocaine met en garde contre l’utilisation de l’application Zoom

Réservé aux abonnés | | Par - à Casablanca
La cybersécurité, un enjeu toujours d'actualité.

La cybersécurité, un enjeu toujours d'actualité. © Wikimedia Commons/Colin

L’application de vidéoconférence Zoom comporte des « vulnérabilités critiques » qui pourraient permettre à un attaquant d’accéder à des données confidentielles et d’exécuter des commandes à distance, prévient l’Administration de la défense nationale.

Alors que les mesures de confinement décidées dans plusieurs pays, dont le Maroc, poussent entreprises et administrations à développer le travail à distance, un communiqué de l’Administration de la défense nationale met en garde les utilisateurs « manipulant des données sensibles » contre l’utilisation de l’application de vidéoconférence Zoom. Un logiciel très utilisé par les entreprises, mais aussi par des parlementaires.

Cette dernière présente en effet plusieurs « vulnérabilités critiques », dont  » un Zero-Day qui permet à un attaquant de voler les informations d’identification et d’authentification de Windows à l’aide d’un lien malveillant envoyé à un utilisateur exécutant Zoom sur sa machine », peut-on lire sur cette mise en garde.

« Les responsables des entreprises, qui ont agi dans la majorité des cas dans l’urgence, ont ouvert les portes de leur système d’information pour permettre à leurs employés d’y accéder depuis leur domicile. Mais cela peut avoir des effets très dommageables pour l’entreprise », explique Mohammed Boumediane, président du spécialiste de la cybersécurité Ziwit et membre du conseil national du numérique en France.

Hygiène numérique

Pour cet expert marocain installé en France depuis plus de quinze ans, si l’Administration de la défense nationale – dont les communiqués sont rarissimes – a fait cette sortie pour préconiser d’arrêter l’arrêt de l’utilisation de Zoom et le changement de tous les mots de passe des utilisateurs concernés, c’est que la situation est assez grave. « Ils ont certainement relevé plusieurs fuites d’informations, voire des mouvements de ventes de données personnelles sur le dark web « , suppose-t-il.

« Cette crise change notre façon de travailler et accélère l’adoption des technologies de télétravail, mais nous devons apprendre à adopter une meilleure hygiène numérique », estime Mohammed Boumediane. Si certains proposent des outils gratuits et innovants et affichent leur engagement dans la crise actuelle, ces moments de panique sont aussi propices aux piratages en tous genres.

« Gardons en tête que chacune de nos faiblesses peut être exploitée, et que les autorités du monde entier sont actuellement concentrées sur le volet sanitaire, prévient Mohammed Boumediane. qui recommande de privilégier l’email professionnel avec l’utilisation de logiciels de cryptage de type PGP (pretty good privacy).

Faire émerger des solutions locales

Pour ce Business Angel membre du Maroc Numeric fund, le mieux  pour le Maroc est encore d’avoir une indépendance numérique et digitale. « Le télétravail ne doit en aucun cas accentuer notre dépendance aux technologies américaines et européennes, et doit au contraire nous pousser à faire émerger et à soutenir nos start-up africaines », estime-t-il.

Une philosophie dont il espère qu’elle sera aussi adoptée dans l’après-crise, pour que les achats de solutions se fassent auprès d’entreprises locales ou au moins continentales.

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