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Quels actionnaires pour Jumia après le départ de son créateur, Rocket Internet ?

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Mis à jour le 08 avril 2020 à 17h52
Les dirigeants de Jumia Sacha Poignonnec et Jeremy Hodara, lors de l'IPO de la société à la Bourse de New York, le 12 avril 2019.

Les dirigeants de Jumia Sacha Poignonnec et Jeremy Hodara, lors de l'IPO de la société à la Bourse de New York, le 12 avril 2019. © Richard Drew/AP/SIPA

Rocket Internet, l’actionnaire historique et créateur de la plateforme panafricaine de e-commerce a vendu la totalité de ses parts. Entre opérateurs télécoms, gestionnaires d’actifs et industriels, le groupe ne compte plus à son capital de spécialistes de la vente en ligne.

Actuellement à la recherche de nouveaux investisseurs pour poursuivre son développement, la plateforme panafricaine de e-commerce Jumia présente dans onze marchés, vient de perdre son allié historique.

Rocket Internet, créateur et actionnaire de Jumia depuis 2012, a annoncé jeudi 2 avril par l’entremise de sa directrice financière, Bettina Curtze, avoir vendu en bourse ses dernières participations (9,2 %) dans l’entreprise. Les ventes de titres sont intervenues entre entre début novembre et le début de la pandémie liée au coronavirus.

Retrait gradué

Fin décembre 2018, Rocket Internet détenait encore 21,7 % de Jumia. Mais face à un actif plombant  ses propres résultats, l’incubateur et investisseur allemand a décidé d’entamer en octobre 2019 un retrait gradué de son engagement dans le groupe. Entre 2017 et 2019, les revenus du groupe aux 6,1 millions de consommateurs actifs ont fortement crû de 93 millions à 160,4 millions d’euros, mais ses pertes ont également fortement progressé de -161,6 millions à -226,7 millions d’euros.

Depuis son introduction à la bourse de New York en avril 2019, Jumia a perdu 90 % de sa valeur. Une dégringolade à laquelle ont contribué les attaques sur son modèle d’affaires formulées par Citron Research, un cabinet d’analyse financière aussi controversé que médiatique. La plateforme fait depuis l’objet d’une action en justice à New York lancée par plusieurs investisseurs.

Fermetures de plusieurs marchés

En novembre, faute de s’attirer une clientèle suffisante, l’entreprise dirigée par les Français Sacha Poignonnec et Jérémy Hodara a décidé de stopper son activité de place de marché au Cameroun. Deux semaines plus tard, le groupe se retirait de la Tanzanie, puis du Rwanda, en décembre.

Avec le départ de Rocket Internet, Jumia ne compte plus de spécialistes de la vente en ligne dans son capital. Environ 61 % de son capital est échangé via des Certificats de dépôt américains (qui permettent une cotation aux États-Unis pour les entreprises étrangères), dont une part significative (11,8 %) est détenue par le gestionnaire d’actifs Baillie Gifford & Co.

Une part importante du capital est aux mains d’opérateurs télécoms : le sud-africain MTN (18,9 %), le suédois Millicom, exploitant de la marque Tigo (6,1 %), le français Orange, via un holding belge, Atlas Countries Support SA (5,7 %). Deux autres investisseurs significatifs sont français : AXA Africa Holding (5,7 %) et le spécialiste des vins et spiritueux Pernod Ricard, via sa filiale allemande, entré initialement au capital en décembre 2018 avec un investissement de 75 millions d’euros pour 5,08 % des parts. À la mi-mars, il détenait 8,2 % du capital.

Peu loquace sur l’annonce du départ de Rocket Internet, Jumia assure à Jeune Afrique qu’il communiquera davantage lors de la publication de ses résultats du premier trimestre, à la mi-mai 2020. De son côté, Jeune Afrique Business+ précise que les deux dirigeants et cofondateurs du groupe, qui détiennent chacun 1,4 % du capital, se sont engagés à baisser leurs rémunérations de 25 %. Début 2019, un bonus exceptionnel de 5 millions d’euros avait été accordé aux principaux dirigeants de Jumia.

Le titre de Jumia est resté stable depuis l’annonce du départ de Rocket Internet. À la clôture de la bourse de New York le 7 avril, l’action se négociait néanmoins à 2,80 dollars contre 14,5 dollars lors de l’IPO d’avril 2019. Sa capitalisation est d’environ 219,5 millions de dollars, contre une valorisation de 1,4 milliard d’euros (1,6 milliard de dollars) à la fin 2018.

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