Diplomatie

Coronavirus : les détails du plan de riposte des chefs d’État africains

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 06 avril 2020 à 11h28
Le président français Emmanuel Macron et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le 25 août 2019 à Biarritz.

Le président français Emmanuel Macron et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le 25 août 2019 à Biarritz. © Francois Mori/AP/SIPA

Le 3 avril, dix présidents africains se sont entretenus en visioconférence, à laquelle s’est joint leur homologue français Emmanuel Macron. Un plan de riposte à la pandémie de Covid-19, dont Jeune Afrique a obtenu en exclusivité les détails, a été évoqué.

Cette visioconférence s’est tenue à l’initiative de Cyril Ramaphosa, le président en exercice de l’Union africaine (UA) et de Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission. Ibrahim Boubacar Keïta, Abiy Ahmed, Paul Kagame, Macky Sall, Félix Tshisekedi, Abdel Fattah Al Sissi, Emmerson Mnangagwa et Uhuru Kenyatta ont participé à cette réunion, à laquelle se sont joints le chef de l’État français Emmanuel Macron, le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus et le Dr John Nkengasong, directeur du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine (CDC). Selon nos informations, ces dirigeants ont convenu de mettre un plan de riposte au Covid-19 sur le continent, qui compte quatre volets.

Le premier, sanitaire, prévoit la mise en place d’une aide d’urgence pour les systèmes de santé qui sera, dans un premier temps, majoritairement financée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Une première enveloppe de 500 millions d’euros doit être débloquée par ce Fonds dans les prochains jours, afin d’apporter une réponse immédiate à la propagation de l’épidémie en Afrique. Elle servira notamment à acheter des médicaments, à soutenir les centres de santé nationaux ou encore à financer des campagnes de communication afin de sensibiliser les populations.

Moratoire sur les dettes

Le second volet vise à pallier au choc pour les économies africaines. Des aides d’urgence devraient être rapidement débloquées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Les présidents ont également abordé la mise en place d’un moratoire sur les dettes des pays africains, l’objectif étant de les restructurer voire de parvenir à les annuler. Ce sujet a été abordé par le Sénégalais Macky Sall. La France, qui préside le Club de Paris, sera amenée à jouer un rôle important.

Sur le plan humanitaire, des discussions sont par ailleurs en cours avec le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, afin de mettre en place un mécanisme d’urgence visant à approvisionner les populations et à faciliter les mesures de confinement.  Enfin, un soutien à la recherche scientifique africaine, afin de l’aider à se structurer face à la propagation du Covid-19, est à l’étude.

Depuis la visioconférence du G20 sur l’épidémie, le 26 mars, au cours de laquelle Emmanuel Macron avait plaidé pour une priorité africaine, l’Élysée a étroitement travaillé avec les Sud-Africains. Il a aussi eu individuellement au téléphone plusieurs de ses homologues africains ces dix derniers jours, à savoir Ibrahim Boubacar Keïta, Abiy Ahmed, Cyril Ramaphosa, Paul Kagame, Macky Sall, Félix Tshisekedi et Moussa Faki Mahamat.

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