Sécurité

Gabon : Ali Bongo Ondimba remanie son appareil sécuritaire

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 03 avril 2020 à 17h42
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, le 16 mars 2020.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, le 16 mars 2020. © Présidence de la République du Gabon

La présidence gabonaise a officialisé vendredi 3 avril une vague de nominations au sein des forces armées du pays. Le général Grégoire Kouna quitte la Garde républicaine, remplacé comme commandant en chef par Brice Clotaire Oligui Nguema.

Il était jusqu’ici considéré comme un indéboulonnable et occupait son poste depuis la présidence de feu Omar Bongo Ondimba. Le général Grégoire Kouna, cousin germain du président Ali Bongo Ondimba (ABO), a pourtant été démis de ses fonctions de commandant de la Garde républicaine, selon le décret officialisé vendredi 3 avril par la présidence.

Grégoire Kouna est nommé conseiller spécial du chef de l’État pour la défense et la sécurité et ne quitte donc pas le Palais du bord de mer, où il a grandement contribué à élaborer la politique sécuritaire du pays – au côté, notamment, de Jean-Claude Ella Ekogha, ancien chef d’état-major décédé en 2015.

Selon nos informations, Ali Bongo Ondimba a ainsi souhaité « un renouvellement de génération » au sein de la Garde républicaine. Selon une source proche de la présidence, la confiance entre ABO, sa famille et Grégoire Kouna aurait en outre été ébranlée par plusieurs « fuites » d’informations portant sur la personne du chef de l’État. « C’est simplement une question d’âge, tranche un autre proche du palais. La retraite existe aussi au Gabon. »

Brice Clotaire Oligui Nguema promu

Le nouveau conseiller spécial est remplacé à son poste de commandant en chef de la Garde républicaine par le colonel Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce dernier, qui est lui aussi un cousin du président, était jusqu’ici patron des services spéciaux de ladite garde. Il avait lui-même pris la place de Frédéric Bongo lorsque celui-ci avait été muté en Afrique du Sud comme attaché militaire.

Brice Clotaire Oligui Nguema est un ancien aide de camp d’Omar Bongo Ondimba – auprès duquel il était demeuré en poste jusqu’à son décès, survenu à Barcelone en 2009. Il avait été muté peu après la mort de l’ancien chef de l’État, puis avait été nommé attaché militaire au Maroc et, par la suite, au Sénégal. Ce colonel sera secondé par Jean-Luc Ndong Amvame.

Ce dernier, de même grade qu’Oligui Nguema, était jusqu’ici aide de camp du président. Désormais, il sera chargé de sa « sécurité rapprochée », en tant que commandant en second. Contrairement à Arsène Emvahou, Steed Rey, Liban Soleman ou encore au Sud-Coréen Park Sang-chul, Jean-Luc Ndong Amvame est l’un des rares membres de l’entourage du chef de l’État à être resté en poste après l’accident vasculaire cérébral dont ABO a été victime en 2018.

Remaniement à la tête de l’armée et de la gendarmerie

Selon la même décision communiquée ce 3 avril, les forces armées gabonaises ont également un nouveau chef d’état-major général, en la personne du général Yves Ditengou, qui remplace à ce poste Ferdinand Gaspard Ollame Ndong. Le général de brigade Yves Barrassouaga, jusqu’ici patron de la Direction générale des recherches (DGR), prend quant à lui la tête de la Gendarmerie nationale, en lieu et place de Jean Ekoua, admis à faire valoir ses droits à la retraite. La DGR est désormais dirigée par le colonel Jean Norbert Madjoupa.

À la tête de la Police nationale, le général Marcel Yves Mapangou Moussadji est quant à lui remplacé par le général de brigade Serge Hervé Ngoma. Enfin, la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) change également de patron : le général de brigade Alain Djibril Ibaba – nommé en juillet 2019, il est le fils du général Alioune Ibaba – a cédé sa place au général de brigade Maurice Lendoye Engandzas.

Selon nos informations, Alain Djibril Ibaba était un proche de l’ancien directeur de cabinet d’ABO, Brice Laccruche Alihanga (BLA). Il avait remplacé le général Antoine Mbou, signataire, à la fin de l’année 2018, d’une interdiction de sortie de territoire de BLA, un fait qui avait contribué à sa chute.

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