Santé

Un mariage, un enterrement : comment Blida est devenue le premier foyer de contagion en Algérie

Mercredi 25 mars, la mort d’un ambulancier âgé de 50 ans de l’hôpital de Boufarik a provoqué l’émoi.

Mercredi 25 mars, la mort d’un ambulancier âgé de 50 ans de l’hôpital de Boufarik a provoqué l’émoi. © Billal Bensalem/AFP

Depuis la détection des premiers cas de coronavirus lors d’un mariage, mi-février, la « ville des roses » est devenue le principal foyer de la pandémie en Algérie.

Au matin du 6 avril, l’Algérie comptait officiellement 1 320 personnes atteintes du Covid-19 et 152 décès. Près de 40% d’entre elles étaient prises en charge à Blida. La région a gagné un nouveau surnom depuis l’apparition du premier cas, mi-février : le « Wuhan algérien », du nom de la ville chinoise d’où est partie l’épidémie.

« À Blida, on se rend visite avec ou sans occasion, c’est resté un coin très familial, explique Chérifa Kheddar, qui y est née et qui préside l’association Djazairouna, destinée aux victimes du terrorisme. Ici, les rituels sont respectés comme dans les temps passés. Les fêtes familiales durent une semaine au minimum. Toutes les étapes des préparatifs – de mariages, de fiançailles, de circoncisions – sont l’occasion de regrouper un grand nombre de proches. »

Un mariage, un enterrement

Et c’est justement d’un mariage que tout est parti, mi-février donc. Parmi les invités : une famille venue de France et testée positive au Covid-19 à son retour dans l’Hexagone. Laquelle prévient les proches restés au pays. Rapidement, l’enquête épidémiologique permet d’identifier deux premières contaminations dans le domicile où ont séjourné les voyageurs. Deux porteurs sains, qui à leur tour ont contaminé d’autres personnes. Début mars, il est presque déjà trop tard : 52 personnes se présentent à l’hôpital de Boufarik, dans le nord de la wilaya de Blida, avec les symptômes du Covid-19. Onze sont testées positives.

Si les autorités se veulent encore rassurantes, la chaîne de transmission, elle, est déjà en marche. Et l’épidémie progresse à grands pas. Jour après jour, de nouveaux cas se déclarent. Le 13 mars, une dame d’une grande famille de la ville décède. Malaise cardiaque ? Coronavirus ? Les raisons ne sont pas encore connues – ou omises, affirment certains – lorsque la défunte est enterrée par sa famille. L’inhumation draine tout ce que la ville compte de notables, loin des mesures préconisées par les autorités pour éviter les rassemblements. Famille, connaissances et voisins sont nombreux à venir présenter leurs condoléances. Un nouveau foyer de contamination apparaît.

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