Musique

Youssou N’Dour, Fally Ipupa, DJ Kerozen,… : les stars de la musique africaine mobilisées contre le coronavirus

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Mis à jour le 02 avril 2020 à 13h56
La chanteur congolais Fally Ipupa, en 2018.

La chanteur congolais Fally Ipupa, en 2018. © Francois Grivelet pour JEUNE AFRIQUE

Dons, chansons et clips de sensibilisation, appels aux fans… : les stars de la musique africaine sont plus que jamais mobilisées pour lutter contre la pandémie.

La planète musicale a perdu certains de ses meilleurs soldats – Manu Dibango, Aurlus Mabélé –, mais elle n’a pas perdu la guerre. Depuis quelques semaines, les artistes se mobilisent et sensibilisent leurs fans au nouveau coronavirus pour tenter d’éviter des morts.

À Dakar, Youssou N’Dour a fait don d’un lot de matériel et d’équipements sanitaires au ministère de la Santé. Le musicien, toujours conseiller à la présidence de Macky Sall, a également mis son groupe Futurs Médias au service de la cause. Il diffuse sur sa chaîne privée, Télé Futurs Média (TFM), des cours pour les enfants déscolarisés dans une émission baptisée « Salle des profs », animée par une des vedettes de TFM, Astou Mbène Thioub.

Fally Ipupa mobilisé

Fally Ipupa, sur un ton grave qui lui est assez inhabituel, s’adressait à sa communauté sur les réseaux sociaux le 21 mars pour lancer un appel au don. « Je sais que c’est très très compliqué à Kinshasa, tout le monde n’a pas les moyens de faire ses courses… », a reconnu le chanteur. Il a appelé artistes, sportifs et simples citoyens à agir de concert sur la plateforme d’aide qu’il a mise en place via la Fally Ipupa Foundation.

Denrées alimentaires, produits d’hygiène et de soin, apport financier… des numéros téléphoniques, un numéro de compte, une cagnotte en ligne sont disponibles sur son compte Instagram et sur sa page Facebook. Pour l’heure, sa cagnotte Leetchi a rassemblé un peu plus de 6 000 euros.

C’est aussi évidemment en chansons et en clips que les musiciens se battent contre la maladie. Par le passé, Ebola ou la grippe aviaire avaient déjà favorisé la naissance de hits, et le nouveau coronavirus n’échappe pas à la règle. « Le virus est dehors, partout […] enfermons-nous comme en temps de guerre / l’ennemi n’a pas de visage, et nous on est de tous âges, nous, tous ceux qu’on aime, nos enfants en bas âge / confinons-nous, restons à la maison », conseille le crooner congolais Koffi Olomide dans son clip « Coronavirus Assassin », mis en ligne le 30 mars.

Masque et gants pour DJ Kerozen

En Côte d’Ivoire, DJ Kerozen est peut-être l’un de ceux qui ont pris le plus rapidement la mesure de la menace. Après avoir annulé ses concerts, la star du coupé-décalé est apparue avec un masque et des gants sur les réseaux sociaux, a mis en place un numéro pour faire des dons, et a rapidement livré une chanson. « L’affaire est sérieuse, donc nous aussi, soyons sérieux », fredonne le chanteur.

Le ton de ces nouveaux hymnes n’est pas toujours mélancolique. Le Ndlovu Youth Choir, en Afrique du Sud, pays pourtant particulièrement touché par la crise, a produit plusieurs clips enjoués et très pragmatiques, montrant très concrètement comment se laver les mains efficacement . Tandis qu’au Maroc, c’est avec humour que le groupe féminin Laawniyat a choisi d’appeler le virus à « rebrousser chemin vers la Chine ».

George Weah prend le micro

Les artistes nigérians, moins habitués aux chansons de prévention, multiplient aussi les interventions sur les réseaux sociaux. Tiwa Savage s’est prise en photo avec un masque et du gel hydroalcoolique. Burna Boy a mis en garde ses fans en quelques mots : « Restez en sécurité !! S’il vous plaît faites en sorte que votre santé soit une priorité dans cette période troublée. »

Enfin, c’est aussi le monde militant et politique qui s’appuie sur la musique pour mieux faire passer les messages. En Ouganda, le chanteur Bobi Wine, principal opposant au président Yoweri Museveni, a mis en ligne « Corona Virus Alert », tube groovy de sensibilisation d’autant plus important qu’il est très compliqué dans ce pays cadenassé de s’informer correctement.

Au Liberia, c’est le président George Weah lui-même qui a pris le micro, collaborant avec des artistes gospel pour créer une chanson. « Ce pourrait être ta maman, ce pourrait être ton papa, tes frères ou tes sœurs. Dressons-nous tous ensemble pour combattre ce sale virus », psalmodie en anglais l’ancien international de football. Une stratégie qui sera forcément payante dans un pays où internet n’est pas toujours accessible, mais où les radios sont partout.

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