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#DontRushChallenge : quand les femmes noires se jouent du confinement

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Mis à jour le 02 avril 2020 à 14h03
La chanteuse hip-hop malienne Inna Modja à Paris, le 10 septembre 2015.

La chanteuse hip-hop malienne Inna Modja à Paris, le 10 septembre 2015. © © Vincent Fournier/JA

Le hastagh #DontRushChallenge, lancé sur Twitter, voit des femmes noires des quatre coins du monde se mettre en scène dans de courtes vidéos où elles montrent leur métamorphose après s’être maquillées, habillées et coiffées.

Si, depuis plus d’une semaine, près de la moitié de la population mondiale est assignée à domicile afin de contenir la propagation du Covid-19, sur les réseaux sociaux, certains ne manquent pas d’idées pour faire part de leur quotidien, inspirer ou amuser la galerie.

Au Royaume-Uni, huit étudiantes britanniques noires de l’Université de Hull, âgées de 18 à 23 ans, ont, elles, lancé un tout nouveau mouvement sur Twitter avec le hashtag #DontRushChallenge, qui a motivé principalement les femmes noires.

Dans une vidéo publié le 22 mars, chacune se met en scène telle qu’elle est au saut du lit ou à la maison, le visage sans maquillage. Fichu sur la tête ou en peignoir, elle attrape un pinceau à poudre qu’elle lance face caméra, et hop ! c’est la métamorphose. Elle se retrouve maquillée et sapée comme jamais… Une illusion d’à peine quelques secondes qui fait son petit effet !

Le tout avec une bande-son bien spécifique : le titre Don’t Rush, morceau du duo de hip-hop britannique Young T & Bugsey. « J’ai le jus, la sauce et tout ce qu’il faut », rappe notamment le duo. En d’autres termes : « J’ai la garde-robe, le style et la trousse de maquillage. »

Légèreté et positivité

Lash, l’une des initiatrices de ce challenge, a 20 ans et étudie la gestion des entreprises et le marketing à Hull. Elle explique que cette idée avait deux objectifs : apporter de la légèreté et de la positivité en cette tragique période de pandémie de coronavirus, mais aussi inspirer et soutenir l’empowerment des femmes à qui l’on a trop longtemps fait croire que, sans maquillage, elles n’étaient pas belles.

« Notre challenge illustre la versatilité et l’individualité des femmes à travers le monde. Nous tenons là la preuve qu’elles sont belles quand elles acceptent ce que, d’ordinaire, on considère comme des défauts. Et ce grâce à cette incroyable reprise de notre concept à l’échelle mondiale. »

À l’échelle mondiale 

La jeune Lash ne croit pas si bien dire. Le défi a été relevé, majoritairement par des femmes noires, tant au Royaume-Uni qu’en France, en Belgique, aux États-Unis mais aussi sur le continent africain. Du Soudan à l’Afrique du Sud en passant par le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Guinée, le Sénégal ou le Cameroun.

Quant à la bande-son, Burna Boy côtoie Beyoncé, Megan Thee Stallion, Shan’L, Falz ou même feu Manu Dibango. La chanteuse malienne Inna Modja y est également allée de sa démonstration compilée dans une vidéo dédiée aux femmes de son pays sur le titre Seya, d’Oumou Sangaré.

Si les étudiantes britanniques ont réalisé leur vidéo grâce à Snapchat et à un logiciel de montage avant de la publier sur Twitter, d’autres préfèrent passer par Instagram (près de 1 million d’occurrences du hashtag précité au lundi 30 mars) ou Tik Tok, application mobile de partage de vidéos définitivement en vogue un peu partout depuis le début du confinement. « En toute franchise, nous ne nous attendions pas à cette avalanche de vidéos, et nous en sommes bouleversées. C’est très impressionnant », s’enthousiasme Lash.

Où sont les hommes ?

Avec autodérision, la gent masculine s’est également prêtée à l’exercice (ou l’a approuvé). De même que certains parents n’ont pas hésité à mettre en scène leur progéniture.

Le #DontRushChallenge est loin d’être le seul phénomène viral tendant à faire passer la pilule du confinement, qui, pour beaucoup, est de plus en plus dure à avaler.

Aussi tombe-t-on facilement sur des publications accompagnées de hashtags tels que #QuarantineChallenge ou #StayHomeSaveLives – tous réseaux sociaux confondus. Émergent également de nombreuses vidéos Tik Tok où certains font défiler leur garde-robe hebdomadaire, destinée à leurs sorties… dans leur séjour. Sans parler des phénomènes humoristiques comme l’Africain-Américain Rickey Thompson, qui, sur Instagram, amuse des millions d’abonnés avec ses « annonces publiques », coups de gueule et chorégraphies hilarants.

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